Le brushing est une technique de coiffage qui consiste à sécher et à mettre en forme les cheveux en même temps, à l'aide d'un sèche-cheveux et d'une brosse, le plus souvent ronde. En tendant chaque mèche avec la brosse tout en dirigeant l'air chaud dans le sens de la pousse, on obtient une chevelure lissée, gonflée ou ondulée selon la façon dont on travaille, avec une brillance que le séchage à l'air libre donne rarement. Pratiqué chaque jour dans les salons de coiffure et dans de nombreuses salles de bain, il reste l'un des gestes de base de la coiffure moderne. Le mot a une histoire amusante : il s'agit d'un faux anglicisme, forgé en France à partir du verbe anglais to brush, « brosser », alors que les anglophones parlent eux de blow-dry. Le brushing n'est pas une transformation durable : la forme obtenue tient jusqu'au prochain lavage ou jusqu'à ce que l'humidité la défasse. Cette définition explique son principe, son histoire, les gestes pour le réussir, ses principaux styles et les précautions pour préserver ses cheveux de la chaleur.
Qu'est-ce qu'un brushing ? Définition et principe
Le brushing repose sur une propriété simple du cheveu. La fibre capillaire, composée en grande partie de kératine, contient des liaisons chimiques dites hydrogène qui se rompent lorsque le cheveu est mouillé et se reforment lorsqu'il sèche. En séchant une mèche tendue et orientée par la brosse, on fige ces liaisons dans une nouvelle forme : lisse, bombée ou ondulée. C'est pour cette raison qu'un brushing ne résiste pas à la pluie, à un bain ou à une forte humidité ambiante : l'eau défait les liaisons, et le cheveu retrouve sa forme naturelle. La chaleur rend la fibre plus malléable et accélère le séchage, mais elle doit rester modérée pour ne pas abîmer la cuticule, la couche externe du cheveu formée de petites écailles superposées comme des tuiles. En dirigeant le flux d'air des racines vers les pointes, on aide ces écailles à se refermer à plat, ce qui renvoie mieux la lumière et donne cet aspect brillant caractéristique. La préparation compte aussi : des cheveux bien démêlés, nourris par un soin adapté ou par un bain d'huile capillaire de temps en temps, se travaillent plus facilement et supportent mieux la brosse et la chaleur.
Brushing, lissage, mise en plis : quelles différences ?
Le brushing est souvent confondu avec d'autres techniques de mise en forme. La mise en plis, très en vogue au milieu du XXe siècle, consiste à enrouler les cheveux mouillés sur des bigoudis ou des rouleaux, puis à les laisser sécher, souvent sous un casque chauffant, avant de les coiffer : elle donne des boucles structurées, là où le brushing travaille mèche par mèche avec la brosse. Le lissage au fer, lui, se pratique sur cheveux secs, en faisant glisser des plaques chauffantes le long des mèches : il donne un résultat très plat mais expose les cheveux à des températures élevées. Les lissages semi-permanents, comme les lissages à la kératine, agissent quant à eux sur plusieurs semaines grâce à des produits appliqués puis scellés à la chaleur, ce qui en fait une prestation de salon d'une tout autre nature. Le brushing se distingue donc par son caractère temporaire, par l'absence de produit chimique transformant et par la souplesse du résultat. Il constitue aussi une étape de nombreuses autres coiffures : on réalise souvent un brushing avant un chignon, un passage de fer à boucler ou une coiffure de soirée, pour partir d'une base lisse et disciplinée.
D'où vient le brushing ? Histoire d'une technique de coiffage
Bien avant le brushing, les humains ont cherché à façonner leur chevelure par la chaleur. Dans l'Antiquité, les Égyptiens, les Grecs et les Romains utilisaient déjà des tiges métalliques chauffées pour onduler ou friser les cheveux, ainsi que des huiles pour les lisser et les faire briller. Au fil des siècles, perruques poudrées, papillotes et fers chauffés sur le feu ont accompagné les modes successives. Le XIXe siècle marque un tournant avec les premiers fers à friser perfectionnés, dont la célèbre ondulation mise au point par le coiffeur parisien Marcel Grateau, qui a fait fureur à la Belle Époque. Les premiers appareils de séchage à air chaud apparaissent à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, d'abord sous forme de grands casques réservés aux salons, puis d'appareils à main encore lourds et bruyants. Il faut attendre le milieu du XXe siècle et la diffusion de sèche-cheveux plus légers et plus sûrs pour que la technique du séchage à la brosse se généralise. Les coiffures volumineuses et maîtrisées des stars de cinéma des années 1950 et 1960, comme Brigitte Bardot ou Audrey Hepburn, contribuent à populariser des chevelures gonflées et brillantes.
De l'âge d'or des années 1970 au brushing d'aujourd'hui
Les années 1970 sont souvent présentées comme l'âge d'or du brushing. La coiffure de l'actrice américaine Farrah Fawcett, faite de grandes mèches gonflées et rejetées vers l'arrière, devient un modèle copié dans le monde entier, et le sèche-cheveux à main s'installe dans la plupart des foyers. Les années 1980 poussent le volume à l'extrême, avec des brushings spectaculaires figés à grand renfort de laque, avant que les années 1990 ne reviennent à des cheveux plus lisses et plus naturels, popularisés par les séries télévisées et les mannequins. Depuis les années 2000, la tendance privilégie des styles plus souples, comme le brushing wavy aux ondulations décontractées ou le brushing effet coiffé-décoiffé, tandis que se développent les « bars à brushing », des salons spécialisés uniquement dans cette prestation. Les outils ont eux aussi évolué, avec des sèche-cheveux plus légers, des réglages de température et de vitesse plus précis, des brosses chauffantes et des brosses soufflantes qui combinent les deux gestes. Aujourd'hui, le brushing s'adapte à toutes les envies et à toutes les natures de cheveux, du lisse impeccable aux mises en forme plus naturelles qui respectent la texture d'origine.

Comment faire un brushing ? Les étapes pour le réussir
Un brushing réussi commence avant même d'allumer le sèche-cheveux. Après le shampooing et l'après-shampooing, on essore délicatement les cheveux dans une serviette, en tamponnant plutôt qu'en frottant, ce qui ébouriffe la cuticule et favorise les frisottis. On applique ensuite un soin thermoprotecteur, qui limite les effets de la chaleur, puis on démêle avec un peigne à larges dents en partant des pointes. Beaucoup de coiffeurs conseillent de pré-sécher grossièrement les cheveux à la main jusqu'à ce qu'ils soient humides et non plus mouillés, ce qui raccourcit le temps de brushing. On divise alors la chevelure en sections maintenues par des pinces, en commençant par la nuque. Pour chaque mèche, pas plus large que la brosse, on place celle-ci à la racine, on tend légèrement et l'on fait glisser la brosse vers les pointes en la faisant tourner, tandis que le sèche-cheveux suit le mouvement, embout orienté vers le bas. On recommence jusqu'à ce que la mèche soit parfaitement sèche, car une mèche encore humide ne tient pas. Pour finir, un jet d'air froid aide à fixer la forme et à refermer les écailles, avant éventuellement une goutte de sérum sur les longueurs.
Choisir sa brosse et son sèche-cheveux
Les outils influencent beaucoup le résultat du brushing. La brosse ronde reste la référence : plus son diamètre est grand, plus le résultat sera lisse et les ondulations larges ; plus il est petit, plus on obtient de mouvement et de boucles, ce qui convient aux cheveux courts et aux franges. Les brosses à corps en céramique ou en métal accumulent la chaleur et accélèrent le séchage, mais elles chauffent aussi davantage la fibre ; les brosses en poils de sanglier ou en poils mixtes lissent en douceur et favorisent la brillance. La brosse plate, ou brosse à palette, convient aux brushings lisses rapides sur cheveux longs. Côté sèche-cheveux, un appareil disposant de plusieurs vitesses, de plusieurs températures et d'une touche air froid offre plus de contrôle qu'un modèle très puissant mais réglé au maximum. L'embout concentrateur, cette buse plate fixée au bout de l'appareil, est indispensable : il dirige précisément le flux d'air sur la mèche travaillée. Le diffuseur, à l'inverse, répartit l'air pour sécher les cheveux bouclés sans casser leurs boucles. Les brosses soufflantes, enfin, simplifient la tâche des débutants, au prix d'un résultat parfois moins précis.
Quels sont les différents styles de brushing ?
Le brushing se décline en plusieurs styles selon l'effet recherché, la longueur et la nature des cheveux. Le brushing lisse, le plus classique, discipline la chevelure et lui donne une brillance miroir ; il convient particulièrement aux cheveux mi-longs à longs. Le brushing volume vise à donner du gonflant aux racines et du mouvement aux longueurs, ce qui en fait l'allié des cheveux fins ou plats : on soulève alors chaque mèche à la verticale en séchant les racines. Le brushing wavy, très apprécié depuis une quinzaine d'années, crée des ondulations souples et naturelles, en enroulant les mèches autour de la brosse puis en les laissant refroidir. Le brushing rétro, inspiré des années 1950 et 1960, mise sur des boucles larges et structurées, parfois complétées par des rouleaux. Le tableau ci-dessous résume ces principaux styles, les cheveux auxquels ils conviennent le mieux et l'outil privilégié pour chacun. Rien n'empêche bien sûr de combiner les approches, par exemple un brushing lisse sur les longueurs avec du volume au sommet du crâne : le brushing est avant tout une affaire de geste et de goût personnel.
| Style de brushing | Effet recherché | Cheveux adaptés | Outil privilégié |
|---|---|---|---|
| Lisse | Chevelure disciplinée et brillante | Mi-longs à longs, raides ou ondulés | Grande brosse ronde ou plate |
| Volume | Gonflant aux racines, mouvement | Cheveux fins ou plats | Brosse ronde moyenne, racines soulevées |
| Wavy | Ondulations souples et naturelles | Mi-longs à longs | Brosse ronde, mèches enroulées |
| Rétro | Boucles larges et structurées | Coupes mi-longues | Petite brosse ronde, rouleaux |
| Brushing sur cheveux frisés | Détendre et allonger la boucle | Bouclés à crépus | Peigne ou brosse à larges dents, embout adapté |
Le brushing sur cheveux bouclés, frisés et crépus
Sur les cheveux bouclés, frisés ou crépus, le brushing demande une approche adaptée. Ces textures sont naturellement plus sèches, car le sébum descend moins facilement le long de la fibre, et plus fragiles aux tractions répétées. Un brushing peut permettre de détendre la boucle, d'allonger visuellement la chevelure ou de préparer une coiffure, mais il doit rester occasionnel pour limiter la casse. On travaille sur des cheveux bien hydratés, démêlés au préalable avec un soin glissant, en sections nombreuses et fines, avec une température modérée et une brosse ou un peigne à larges dents adaptés. Certains embouts spécifiques, munis de dents, facilitent le travail des cheveux épais. Il est souvent préférable de confier les premiers brushings à un coiffeur habitué à ces textures, qui saura doser la tension et la chaleur. Pour celles et ceux qui souhaitent au contraire mettre en valeur leurs boucles, le séchage au diffuseur, tête penchée et sans toucher les cheveux, offre une alternative au brushing classique : il sèche sans casser la forme naturelle et limite les frisottis, tout en respectant la texture d'origine.
Brushing et santé du cheveu : quelles précautions ?
Pratiqué régulièrement, le brushing n'est pas sans effet sur la fibre capillaire. La chaleur répétée peut assécher les cheveux, ternir leur couleur et fragiliser la cuticule, tandis que la traction de la brosse favorise la casse, en particulier sur les pointes et sur les cheveux colorés, décolorés ou permanentés. Quelques précautions limitent ces dommages : appliquer systématiquement un soin thermoprotecteur, régler le sèche-cheveux sur une température moyenne, garder l'embout à quelques centimètres des cheveux sans le poser sur la mèche, ne pas insister plus que nécessaire et espacer les brushings lorsque c'est possible. Il est déconseillé de faire un brushing sur des cheveux trempés, qui sont plus fragiles et demandent un temps de chaleur plus long. Les soins nourrissants réguliers, une coupe des pointes abîmées et une alimentation équilibrée contribuent à garder une chevelure en bonne santé. L'entretien du matériel joue aussi un rôle : un filtre de sèche-cheveux encrassé fait surchauffer l'appareil, et une brosse pleine de cheveux et de résidus de produits travaille moins bien. Enfin, on débranche toujours l'appareil après usage et on ne l'utilise jamais près d'une baignoire remplie.
Comment faire tenir son brushing plus longtemps ?
La tenue d'un brushing dépend de plusieurs facteurs : la nature des cheveux, la qualité du séchage, l'humidité ambiante et les gestes du quotidien. Un brushing réalisé sur des mèches parfaitement sèches, refroidies sous un jet d'air froid, tient nettement mieux qu'un brushing achevé à la hâte. Une brume de finition légère ou une laque à tenue souple peut aider à le fixer, à condition de ne pas alourdir les cheveux, tandis qu'un sérum anti-frisottis protège un peu des effets de l'humidité. La nuit, une taie d'oreiller en satin ou en soie limite les frottements, et un chignon lâche ou une tresse souple préservent le mouvement des longueurs. Les shampooings secs peuvent rafraîchir les racines un jour ou deux, mais ils ne remplacent pas un lavage et s'accumulent sur le cuir chevelu s'ils sont utilisés trop souvent. La pluie, la vapeur de la douche et le sport restent les grands ennemis du brushing, car l'eau défait sa forme. Pour celles et ceux qui souhaitent un lissage plus durable, sans brushing quotidien, il existe des prestations de salon dont l'effet dure plusieurs semaines, comme le lissage brésilien, une technique plus coûteuse dont les produits doivent être choisis avec attention.