Le contouring est une technique de maquillage qui consiste à sculpter visuellement le visage en jouant sur les ombres et les lumières. Concrètement, on applique une teinte légèrement plus foncée que sa carnation sur les zones que l'on souhaite creuser ou affiner, et une teinte plus claire sur celles que l'on veut mettre en valeur, avant de fondre soigneusement les deux pour obtenir un rendu naturel. Le mot vient de l'anglais contour, qui désigne la ligne qui délimite une forme, et l'on parle parfois en français de « sculptage » ou de « modelage du visage ». Longtemps réservée aux maquilleurs de théâtre, de cinéma et de défilés, la technique s'est largement démocratisée au début des années 2010, portée par les tutoriels vidéo et les réseaux sociaux. Elle permet de redessiner une pommette, d'affiner l'apparence du nez, d'adoucir une mâchoire carrée ou d'agrandir le regard, sans rien changer réellement aux traits. Le contouring n'est ni un soin ni une correction définitive : c'est un jeu d'illusion d'optique, qui s'efface au démaquillage. Cette définition présente son principe, son histoire, les étapes de réalisation, les adaptations selon la forme du visage et les erreurs les plus fréquentes.

Qu'est-ce que le contouring ? Définition de la technique de maquillage

Le contouring repose sur un principe connu des peintres depuis des siècles : la lumière fait avancer les volumes, l'ombre les fait reculer. En maquillage, on reproduit ce phénomène avec des produits de teintes différentes. La teinte foncée, d'un ou deux tons au-dessus de sa carnation et plutôt froide ou neutre pour imiter une ombre naturelle, se place sous les pommettes, sur les tempes, le long de la mâchoire et parfois sur les côtés du nez. La teinte claire, appelée enlumineur ou correcteur clair, se pose sur le haut des pommettes, le centre du front, l'arête du nez, le menton et sous les yeux. Le tout se travaille sur un teint préalablement unifié, avec un fond de teint ou la crème BB adaptés à sa carnation, puis s'estompe jusqu'à ce que plus aucune ligne ne soit visible. Il ne faut pas confondre la teinte de contouring avec la poudre bronzante, plus chaude et plus dorée, qui sert à donner un effet bonne mine et non à creuser. Bien dosé, le contouring structure le visage de manière subtile ; trop appuyé, il donne au contraire un effet « masque » qui ne résiste pas à la lumière du jour, d'où l'importance de la mesure.

Contouring, highlighting, strobing, baking : le vocabulaire du sculptage

La popularité du contouring s'est accompagnée d'un vocabulaire anglais foisonnant qu'il est utile de démêler. Le highlighting désigne la partie « lumière » de la technique, c'est-à-dire l'application d'un produit clair ou nacré sur les points hauts du visage. Le strobing va plus loin dans cette direction : il se passe presque entièrement de teinte foncée et mise sur l'illumination pour un effet frais et lumineux, souvent jugé plus facile à réussir sur une peau mature ou sèche. Le baking, issu des pratiques de scène, consiste à laisser poser une couche épaisse de poudre libre sous les yeux quelques minutes avant de l'épousseter, afin de fixer le correcteur ; c'est une technique exigeante qui peut marquer les ridules. On parle encore de draping lorsque le blush, plutôt que la teinte foncée, sert à sculpter les pommettes, ou de non-touring pour désigner le refus des effets trop construits au profit d'un teint naturel. Ces variantes partagent un même objectif, jouer avec les volumes, mais avec des intensités très différentes, et chacun peut piocher dans ces méthodes selon son style, son type de peau et l'occasion.

Dessin animé d'un visage montrant les zones d'ombre et de lumière du contouring Ombre : creuserLumière : révéler Tempes Sous les pommettes Mâchoire Centre du front Haut des pommettes Arête du nez
Le principe du contouring : une teinte plus foncée pour creuser certaines zones, une teinte plus claire pour en révéler d'autres.

D'où vient le contouring ? Histoire de la technique

Si le terme s'est imposé récemment, l'idée du contouring est presque aussi ancienne que le maquillage de scène. Au théâtre, les comédiens ont très tôt cherché à accentuer leurs traits pour qu'ils restent lisibles de loin et sous des éclairages crus, en utilisant des fards clairs et foncés, voire de la suie ou de la craie. Le cinéma a ensuite affiné ces procédés : l'arrivée du noir et blanc, puis de la couleur, a obligé les maquilleurs à sculpter les visages pour compenser l'aplatissement produit par la caméra et les projecteurs. Les grandes actrices hollywoodiennes des années 1950, comme Marilyn Monroe ou Sophia Loren, sont souvent citées en exemple de visages travaillés par ces jeux d'ombre et de lumière. Le monde des défilés et de la photographie de mode s'en est emparé dans les décennies suivantes, de même que les artistes de cabaret et de spectacle travesti, qui ont beaucoup contribué à faire évoluer la technique. C'est toutefois au début des années 2010 que le contouring est sorti des coulisses, largement popularisé par des personnalités très suivies sur les réseaux sociaux, au premier rang desquelles Kim Kardashian, dont le maquilleur a montré les étapes en photo, puis par une multitude de tutoriels vidéo.

Comment faire un contouring ? Les étapes pas à pas

Réaliser un contouring réussi demande moins de produits que de méthode. La première étape consiste à préparer la peau : un visage propre, hydraté avec une crème adaptée, éventuellement une base de teint pour favoriser la tenue. On unifie ensuite le teint avec un fond de teint correspondant exactement à sa carnation, en l'étirant jusqu'au cou pour éviter toute démarcation. Vient alors le placement des teintes : la teinte foncée en traits fins dans le creux des joues, que l'on repère en rentrant légèrement les joues, en remontant vers l'oreille, puis sur les tempes, sous la mâchoire et éventuellement le long du nez ; la teinte claire sur le haut des pommettes, sous les yeux en triangle, au centre du front, sur l'arête du nez et au milieu du menton. L'étape décisive est l'estompage : à l'aide d'une éponge humide ou d'un pinceau, on fond les limites par petits mouvements tapotés ou circulaires, jusqu'à ce que les zones se devinent sans se voir. On termine éventuellement par un voile de poudre translucide pour fixer, une touche de blush et, si on le souhaite, une brume fixatrice. Mieux vaut toujours commencer léger et ajouter progressivement.

Infographie animée des trois étapes d'un contouring : unifier le teint, placer ombre et lumière, estomper 1 Unifier le teintfond de teint ou baseadaptés à sa carnation 2 Placer ombre et lumièretraits fins, sansappuyer 3 Estomperfondre les limitespour un rendu naturel
Unifier, placer, estomper : les trois temps d'un contouring réussi, le dernier étant le plus important.

Choisir ses teintes et ses textures

Le choix des teintes conditionne la réussite du contouring. Pour l'ombre, on cherche une couleur un à deux tons plus foncée que sa peau, légèrement grisée ou neutre, car une ombre naturelle n'est jamais orangée ; les peaux claires se tournent vers des taupes doux, les peaux mates et foncées vers des bruns plus profonds, sans tomber dans le gris qui ternit le teint. Pour la lumière, un correcteur un ton plus clair ou un enlumineur discret suffit, les produits très pailletés accentuant le grain de peau et les pores. Côté textures, les produits crème se fondent bien dans la peau et conviennent aux peaux sèches ou matures, tandis que les poudres sont plus faciles à doser et adaptées aux peaux mixtes à grasses. Une règle simple, souvent rappelée par les maquilleurs, consiste à ne pas superposer n'importe comment : crème sur crème, ou crème fixée ensuite par une poudre, mais jamais une crème appliquée sur une poudre, ce qui fait des paquets. Les palettes toutes prêtes sont pratiques pour débuter, mais une simple poudre bronzante mate et un correcteur clair suffisent souvent à obtenir un résultat convaincant.

Les outils du contouring

Les outils jouent un rôle aussi important que les produits. Le pinceau biseauté, dont la tête coupée en biais épouse le creux des joues, est le plus utilisé pour poser la teinte foncée en poudre ; un pinceau plus petit et dense permet de travailler le nez avec précision. Pour les textures crème, l'éponge à maquillage humidifiée est très appréciée car elle estompe sans enlever trop de matière et donne un fini peau. Les doigts restent un outil efficace, la chaleur de la peau aidant à faire fondre les produits, à condition d'avoir les mains propres. Un grand pinceau duveteux, enfin, sert à fondre l'ensemble et à appliquer la poudre de finition. L'hygiène de ces outils compte : des pinceaux et éponges sales accumulent sébum, résidus de maquillage et bactéries, et peuvent favoriser l'apparition d'imperfections. Il est conseillé de les nettoyer régulièrement à l'eau tiède et au savon doux, de les laisser sécher à plat et de remplacer les éponges usées. Mieux vaut également éviter de partager ses outils de maquillage, en particulier en cas de bouton ou d'irritation, pour limiter la transmission de germes.

Quel contouring selon la forme du visage ?

Le contouring s'adapte à la morphologie de chacun, l'objectif traditionnel étant de rapprocher visuellement le visage d'un ovale, longtemps considéré comme la forme d'équilibre. Cette approche mérite toutefois d'être nuancée : il n'existe pas de visage idéal, et beaucoup de maquilleurs préfèrent aujourd'hui souligner ce qui plaît plutôt que de chercher à corriger. Pour identifier sa forme, on peut se regarder dans un miroir, cheveux attachés, et observer la largeur du front, des pommettes et de la mâchoire ainsi que la longueur du visage. Un visage rond est aussi large que long, avec des contours doux ; un visage carré présente une mâchoire marquée et un front large ; un visage long est nettement plus haut que large ; un visage en cœur s'élargit au niveau du front et s'affine vers le menton ; un visage ovale est légèrement plus long que large, avec des pommettes en point le plus large. Le tableau ci-dessous résume les placements habituellement conseillés pour chaque forme, à considérer comme des pistes et non comme des règles : rien n'empêche d'expérimenter, à la lumière du jour, pour trouver ce qui met le mieux en valeur ses propres traits.

Forme du visageOù placer l’ombreOù placer la lumière
RondSous les pommettes, en diagonale, et sur les côtés du visageCentre du front, arête du nez, menton
CarréAngles de la mâchoire et coins du frontCentre du front, haut des pommettes
Long ou rectangulaireHaut du front et bas du menton, en bandes horizontalesHaut des pommettes, vers les tempes
En cœurTempes et côtés du frontMenton et bas des joues
OvaleLéger creux sous les pommettesHaut des pommettes et arête du nez

Les erreurs à éviter avec le contouring

Plusieurs erreurs reviennent souvent chez celles et ceux qui débutent le contouring. La plus fréquente est un mauvais estompage, qui laisse des bandes visibles et donne un aspect rayé, surtout à la lumière naturelle : il faut fondre plus longtemps qu'on ne le pense. Vient ensuite le choix d'une teinte trop chaude ou trop foncée, qui transforme l'ombre en traînée orange ou boueuse. Placer l'ombre trop bas sur la joue, près du coin de la bouche, fait tomber les traits et vieillit le visage, alors qu'elle doit remonter vers l'oreille. Oublier le cou crée une démarcation disgracieuse entre le visage sculpté et le reste de la peau : on traite l'ensemble, du cou jusqu'à la naissance des cheveux. Mélanger les textures sans logique, ou accumuler les couches, alourdit le rendu. Enfin, le contouring étant déjà un maquillage relativement chargé, mieux vaut ne pas accentuer à la fois les yeux et les lèvres et choisir un seul point fort. Il faut aussi garder à l'esprit qu'un contouring conçu pour la photo, avec flash et filtres, paraît souvent excessif dans la vie réelle, et qu'une version allégée est plus adaptée au quotidien et au bureau.

Contouring et peau : quelques précautions

Le contouring superpose plusieurs couches de produits, ce qui peut gêner certaines peaux. Les personnes sujettes aux imperfections ont intérêt à choisir des formules dites non comédogènes, à limiter la quantité de produit et à éviter de garder ce maquillage trop longtemps. Un démaquillage soigneux le soir est indispensable, idéalement en deux temps, avec un démaquillant huileux ou une eau micellaire puis un nettoyant doux, pour éliminer toutes les couches sans frotter. Les peaux sensibles testeront tout nouveau produit sur une petite zone, par exemple le long de la mâchoire, avant de l'appliquer sur tout le visage, et éviteront les enlumineurs très parfumés ou fortement pailletés. La date d'ouverture des produits, indiquée par un petit pot ouvert sur l'emballage, mérite aussi d'être respectée, en particulier pour les textures crème. Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin dans la mise en valeur de leur visage, un maquilleur professionnel peut enseigner les gestes adaptés à sa morphologie et à sa carnation, une approche que l'on retrouve souvent dans le relooking, qui associe conseils en maquillage, coiffure et style pour harmoniser l'image globale.