Est facultatif ce que l'on peut faire ou ne pas faire, librement, sans y être obligé. Le mot qualifie une activité, une démarche, une pièce ou une règle laissée au libre choix de chacun : une épreuve facultative au baccalauréat, un pourboire facultatif au restaurant, une réunion dont la présence est facultative, une case facultative dans un formulaire. Son synonyme le plus courant est « optionnel », et son contraire naturel « obligatoire ». Derrière cet adjectif d'usage quotidien se cache pourtant une histoire intéressante, puisqu'il descend du mot « faculté », c'est-à-dire la capacité ou la possibilité de faire quelque chose, ainsi que des emplois techniques en droit, en grammaire ou dans les transports, où l'on parle par exemple d'arrêt facultatif pour un autobus. Bien employer ce mot suppose aussi de saisir ses nuances avec des termes voisins comme accessoire, volontaire ou subsidiaire, et de connaître quelques pièges, comme la fameuse « obligation facultative » des juristes, qui n'a rien d'un paradoxe. Cette définition fait le point sur le sens, l'origine, les synonymes, les contraires et les principaux usages de facultatif.

Que veut dire facultatif ? Définition du mot

Selon les dictionnaires, facultatif se dit de ce qui n'est pas obligatoire et qu'on peut faire, utiliser ou choisir à son gré. L'adjectif suppose toujours une alternative : l'action ou l'objet qu'il qualifie peut être accompli ou laissé de côté sans sanction, sans faute et sans conséquence fâcheuse. C'est cette absence de contrainte qui le définit, et non une quelconque inutilité : un vaccin conseillé mais facultatif peut être très utile, une épreuve facultative peut rapporter des points précieux. Le mot s'accorde normalement en genre et en nombre (une matière facultative, des options facultatives) et s'emploie surtout comme épithète ou attribut, beaucoup plus rarement comme nom. On le rencontre dans des contextes très divers : vie scolaire et universitaire, règlements intérieurs, contrats, formulaires administratifs, modes d'emploi, recettes de cuisine où l'on précise qu'un ingrédient est facultatif. Il voisine souvent avec d'autres adjectifs qui décrivent une condition d'accès ou de participation, comme le mot éligible, qui indique qu'une personne remplit les critères pour bénéficier d'un droit ou d'une fonction : on peut être éligible à une aide et choisir de ne pas la demander, ce qui rend la démarche facultative. Retenir la formule « que l'on peut faire ou ne pas faire » suffit, dans la plupart des cas, à employer le mot correctement.

Échelle animée des degrés de contrainte : interdit, facultatif, recommandé, obligatoire Où se situe « facultatif » ? interdit facultatif recommandé obligatoire on ne peut pasle faireon peut le faireou non, sans fauteon est invitéà le faireon doit le faire,sous peine de sanction Facultatif = laissé au libre choixsynonymes : optionnel, au choix, non obligatoire, libre
Facultatif occupe la zone du libre choix, entre ce qui est interdit et ce qui est recommandé ou obligatoire.

D'où vient le mot facultatif ? Étymologie et histoire

L'adjectif facultatif est un dérivé savant du nom « faculté », auquel s'ajoute le suffixe -atif, que l'on retrouve dans informatif, éducatif ou indicatif. « Faculté » vient lui-même du latin facultas, « possibilité, capacité, ressources », formé sur la même racine que facilis, « facile », c'est-à-dire « faisable ». À l'origine, une faculté est donc un pouvoir de faire : on parle encore des facultés intellectuelles, des facultés de mémoire ou d'une personne qui « n'a pas toutes ses facultés ». En droit et dans la langue administrative, avoir la faculté de faire quelque chose signifie en avoir le droit sans en avoir l'obligation, et c'est précisément ce sens que l'adjectif a conservé : est facultatif ce qui relève d'une simple faculté, et non d'un devoir. Le même mot « faculté » a pris par ailleurs le sens d'établissement d'enseignement supérieur (la faculté de médecine, la faculté de droit), hérité de l'université médiévale où il désignait un corps de maîtres compétents dans une discipline, mais ce sens n'a pas d'influence sur l'adjectif, qui ne signifie jamais « relatif à l'université ». Les définitions fantaisistes que l'on lit parfois, selon lesquelles facultatif aurait d'abord signifié « qui donne un pouvoir » ou désigné un type de papier officiel, ne reposent sur rien : le lien avec la notion de possibilité laissée au choix est constant.

Devoir militaire, exemple d'obligation qui n'a rien de facultatif
Le devoir militaire, exemple classique d'obligation, s'oppose à tout ce qui est facultatif.

Quels sont les synonymes et le contraire de facultatif ?

Le synonyme le plus proche de facultatif est « optionnel », très employé dans le commerce et l'automobile (une option, un équipement optionnel) ; on peut aussi dire « au choix », « libre », « non obligatoire », « volontaire » quand c'est la participation d'une personne qui est en jeu, ou « à la carte ». D'autres mots sont plus éloignés et demandent de la prudence. « Accessoire » insiste sur le caractère secondaire d'une chose, qui peut pourtant être imposée, et « superflu » ajoute une idée d'inutilité que facultatif ne contient pas. « Subsidiaire », enfin, qualifie ce qui vient en second, en renfort ou à défaut d'autre chose, comme la question subsidiaire d'un concours. Du côté des contraires, le plus naturel est obligatoire, auquel on peut ajouter « imposé », « exigé », « requis », « impératif », « de rigueur » (une tenue de rigueur) ou « indispensable ». On évitera en revanche d'opposer facultatif à « inévitable » ou « primordial », qui n'expriment pas une obligation mais une fatalité ou une importance. Le service militaire illustre bien la différence : longtemps obligatoire en France, il a été suspendu à la fin des années 1990, et l'engagement dans l'armée est devenu un choix volontaire. Le tableau ci-dessous résume ces nuances.

MotRapport avec facultatifExemple
OptionnelSynonyme quasi parfaitLa climatisation est optionnelle sur ce modèle.
VolontaireSynonyme pour une participationL'inscription à l'atelier est volontaire.
AccessoireVoisin, insiste sur le secondaireCe point est accessoire dans le débat.
SubsidiaireVoisin, idée de complémentLa question subsidiaire départage les ex aequo.
ObligatoireContraire directLe port de la ceinture est obligatoire.
De rigueurContraire, registre soutenuTenue de soirée de rigueur.

Facultatif ou optionnel : y a-t-il une différence ?

Dans la pratique, facultatif et optionnel sont presque interchangeables, mais l'usage leur prête des couleurs légèrement différentes. « Facultatif » est le mot traditionnel de la langue administrative, scolaire et juridique : on parle d'épreuves facultatives, de mentions facultatives sur un document ou de la faculté laissée à un citoyen d'accomplir une démarche. « Optionnel », plus récent dans l'usage courant et souvent rapproché de l'anglais optional, s'est imposé dans le vocabulaire commercial et technique, où il qualifie une option que l'on ajoute à une offre de base, souvent moyennant un supplément : un équipement optionnel sur une voiture, un module optionnel dans un logiciel. On dira ainsi plus volontiers qu'un pourboire est facultatif et qu'un toit ouvrant est optionnel. Certains puristes ont longtemps critiqué « optionnel » comme un anglicisme inutile, mais le mot figure aujourd'hui dans les dictionnaires et ne pose plus de problème. Il existe enfin l'expression « en option », très fréquente à l'école (« prendre latin en option ») comme dans le commerce. Pour un texte soigné, la règle la plus sûre consiste à réserver facultatif à ce qui relève d'une liberté de choix sans coût particulier, et optionnel à ce qui s'ajoute à une offre, sans faire de cette distinction une loi absolue.

Comment utiliser le mot facultatif ? Exemples d'emploi

On emploie facultatif chaque fois qu'une chose est proposée sans être imposée. À l'école, les épreuves ou enseignements facultatifs permettent à un élève d'approfondir une langue, un art ou une discipline sportive, avec parfois un bonus de points à la clé. Dans le monde du travail, une formation, une mutuelle complémentaire ou une participation à un événement peuvent être facultatives, et les formulaires distinguent souvent les champs obligatoires, signalés par un astérisque, des champs facultatifs. En cuisine, une recette précise volontiers qu'une garniture ou une épice est facultative, laissant le cuisinier libre de l'ajouter. Dans les transports, un arrêt facultatif est un arrêt de bus ou de car où le véhicule ne s'arrête que si un voyageur le demande, en faisant signe depuis le trottoir ou en appuyant sur le bouton à bord. En grammaire, on dit qu'un élément est facultatif lorsqu'on peut le supprimer sans rendre la phrase incorrecte : un complément circonstanciel est généralement facultatif, au contraire d'un complément d'objet direct exigé par le verbe. Quelques erreurs sont à éviter : un adjectif comme « facultatif » ne s'applique pas à ce qui est nécessaire par nature (respirer n'est pas « obligatoire » au sens réglementaire, mais vital), et l'on préférera « recommandé » quand une chose est conseillée avec insistance, même sans obligation.

Dessin animé : à un arrêt facultatif, le bus ne s'arrête que parce qu'un voyageur lève la main ARRÊTFACULTATIF Arrêt facultatifle bus ne s'arrête que si l'on fait signe ou si l'on sonne
Un arrêt facultatif illustre bien le sens du mot : l'arrêt n'a lieu que si quelqu'un le demande.

Qu'est-ce qu'une obligation facultative en droit ?

Le vocabulaire juridique emploie une formule qui peut sembler contradictoire : l'obligation facultative. Il ne s'agit pas d'une obligation que l'on serait libre de respecter ou non, ce qui n'aurait aucun sens, mais d'une technique précise du droit des contrats. Dans une obligation facultative, le débiteur doit une prestation déterminée, mais il a la faculté de se libérer en fournissant une autre prestation prévue à l'avance. Le Code civil, depuis la réforme du droit des obligations de 2016, la définit ainsi : l'obligation a pour objet une certaine prestation, mais le débiteur peut s'en libérer en en fournissant une autre. Si un vendeur doit livrer un véhicule précis mais peut, s'il le préfère, verser une somme d'argent convenue à la place, l'obligation porte sur le véhicule, et la somme d'argent n'est qu'une faculté de remplacement. Conséquence importante : si le véhicule est détruit par un cas de force majeure, le débiteur est libéré, car seul le véhicule était véritablement dû. L'obligation facultative se distingue ainsi de l'obligation alternative, où plusieurs prestations sont dues dès le départ et où la disparition de l'une laisse subsister les autres. L'expression montre que facultatif garde en droit son sens étymologique de « qui relève d'une faculté » : ce qui est facultatif ici, ce n'est pas l'obligation, mais le choix du moyen de l'exécuter.

Facultatif dans la vie quotidienne : options, choix et souplesse

Si le mot facultatif est si fréquent, c'est que nos sociétés multiplient les offres à options : abonnements avec services complémentaires, voyages avec assurance annulation proposée en supplément, logiciels dont certaines fonctions s'activent à la demande, contrats de travail avec dispositifs d'épargne ou de télétravail ouverts au volontariat. Cette logique du choix a ses avantages, puisqu'elle permet à chacun d'adapter un service à ses besoins et de ne payer que ce qu'il utilise, mais elle suppose aussi de rester vigilant : une case précochée qui rend facultatif ce que l'on croyait inclus, ou à l'inverse une option présentée comme indispensable alors qu'elle ne l'est pas, sont des pièges classiques de la consommation. En France, le droit de la consommation encadre d'ailleurs ces pratiques et exige que les options payantes résultent d'un consentement exprès du client. Dans un tout autre domaine, l'école et l'université ont toujours fait une place aux enseignements facultatifs, qui permettent de cultiver une curiosité personnelle sans alourdir le tronc commun. Ce goût pour les formules souples, où l'on choisit les éléments que l'on veut, rapproche facultatif d'un autre adjectif très actuel, le mot modulable, qui qualifie ce que l'on peut adapter et composer à sa guise.