Au football, un penalty, que l'on écrit aussi pénalty et que les règlements officiels français appellent coup de pied de réparation, est un tir accordé à une équipe lorsqu'un de ses joueurs subit, dans la surface de réparation adverse, une faute normalement sanctionnée par un coup franc direct. Le ballon est alors placé sur le point de penalty, à 11 mètres de la ligne de but, et un joueur tire face au seul gardien adverse, tous les autres joueurs devant rester à l'écart. Ce duel, qui offre au tireur une occasion de but très favorable, fait du penalty l'un des moments les plus intenses d'un match : il peut renverser une rencontre en quelques secondes, et chaque décision de l'arbitre de l'accorder ou non suscite des débats passionnés. Le mot vient de l'anglais penalty, qui signifie « pénalité » ou « sanction », ce qui explique certaines confusions, car en anglais il désigne aussi toute forme de punition. En français, il a pris le sens précis de ce coup de pied de réparation. Cette définition explique quand un penalty est sifflé, comment il se tire selon les Lois du jeu, d'où il vient, ce qui le distingue de la séance de tirs au but et quelles stratégies opposent tireurs et gardiens.

Qu'est-ce qu'un penalty au football ? Définition

Le penalty est l'une des façons de reprendre le jeu prévues par les Lois du jeu, le règlement international du football établi par l'IFAB (International Football Association Board). Il sanctionne une faute commise par un joueur de l'équipe qui défend, dans sa propre surface de réparation, ce grand rectangle tracé devant chaque but, qui s'étend à 16,50 mètres de la ligne de but. Le principe est simple : une faute qui, ailleurs sur le terrain, aurait été punie d'un coup franc direct, est sanctionnée plus sévèrement lorsqu'elle se produit dans cette zone, parce qu'elle prive souvent l'attaquant d'une occasion de marquer. Le penalty « répare » en quelque sorte ce préjudice en offrant à l'équipe lésée une occasion de but presque idéale. Il ne faut pas en déduire que toute faute dans la surface donne lieu à un penalty : certaines infractions, comme une obstruction sans contact ou certaines fautes du gardien avec le ballon en main, sont sanctionnées par un coup franc indirect. Le même principe existe dans des variantes du football, comme le futsal, avec des distances adaptées à un terrain plus petit. Le penalty peut s'accompagner d'un carton jaune ou rouge pour le fautif, mais ce n'est pas automatique : la sanction disciplinaire dépend de la gravité de la faute et de ses conséquences.

Penalty, coup franc, tir au but : ne pas confondre

Le vocabulaire du football prête souvent à confusion autour du penalty. Le coup franc direct sanctionne une faute commise n'importe où sur le terrain : il est tiré à l'endroit de la faute, les adversaires devant se placer à au moins 9,15 mètres du ballon, et il peut être tiré directement au but. Lorsque cette même faute est commise par un défenseur dans sa propre surface de réparation, le coup franc direct se transforme en penalty. Le coup franc indirect, lui, ne permet pas de marquer directement : le ballon doit toucher un autre joueur avant d'entrer dans le but. Quant aux tirs au but, ils ne sanctionnent aucune faute : il s'agit d'une procédure destinée à départager deux équipes à égalité à l'issue d'un match à élimination directe, après les éventuelles prolongations. Ils ressemblent à des penaltys, puisque chaque tireur se trouve face au gardien depuis le point de penalty, mais ils obéissent à des règles propres. Enfin, l'anglais penalty désigne aussi, dans d'autres sports, des sanctions très différentes : au rugby, par exemple, on parle en français de « pénalité » pour un coup de pied accordé après une faute, qui n'a rien à voir avec le face-à-face du football.

Quand l'arbitre siffle-t-il un penalty ?

L'arbitre accorde un penalty lorsqu'un joueur de l'équipe qui défend commet, dans sa propre surface de réparation et alors que le ballon est en jeu, l'une des fautes sanctionnées par un coup franc direct. Il s'agit notamment de charger, bousculer, faire trébucher, frapper ou tenter de frapper un adversaire, de le tacler ou de le disputer de manière imprudente, inconsidérée ou avec une force excessive, de le tenir par le maillot ou par le bras, de lui cracher dessus ou de toucher délibérément le ballon de la main, selon les critères précisés par la Loi 12. Ce qui compte, c'est l'endroit où la faute est commise, et non la position du ballon : un tirage de maillot dans la surface pendant que le ballon se trouve ailleurs peut ainsi être sanctionné d'un penalty. Les lignes font partie de la surface, si bien qu'une faute commise sur la ligne de la surface est elle aussi sanctionnée d'un penalty. La faute de main est l'une des plus débattues, car la règle tient compte de la position du bras, du caractère naturel ou non du mouvement et de l'agrandissement artificiel de la surface du corps. Depuis l'arrivée de l'assistance vidéo à l'arbitrage, la VAR, dans de nombreuses compétitions professionnelles, les situations litigieuses peuvent être revues, l'arbitre conservant toutefois la décision finale.

Plan légendé de la surface de réparation au football : but, surface de but, point de penalty à 11 mètres, arc de cercle et position des joueurs But : 7,32 m de large Surface de but Point de penalty : 11 m Surface : 16,50 m Arc : 9,15 m du point Autres joueurs à l'écart Tireur identifié
Lors d'un penalty, seul le gardien défend son but, sur sa ligne, face au tireur ; tous les autres joueurs restent hors de la surface, derrière le point et hors de l'arc.

Comment se tire un penalty ? Les règles d'exécution

L'exécution du penalty est précisément encadrée par la Loi 14. Le ballon doit être immobile sur le point de penalty, situé à 11 mètres du milieu de la ligne de but, et le tireur doit être clairement identifié. Le gardien défenseur reste sur sa ligne de but, entre les poteaux, face au tireur, sans toucher les montants, la barre ou les filets, jusqu'à ce que le ballon soit frappé ; au moment du tir, il doit avoir au moins une partie d'un pied sur la ligne ou au niveau de celle-ci. Tous les autres joueurs se placent sur le terrain, hors de la surface de réparation, derrière le point de penalty et à au moins 9,15 mètres de celui-ci, d'où l'arc de cercle tracé à l'extérieur de la surface. Le tireur doit frapper le ballon vers l'avant ; il peut feinter pendant sa course d'élan, mais pas une fois celle-ci terminée. Le ballon est en jeu dès qu'il est botté et qu'il bouge clairement, et le tireur ne peut pas le rejouer avant qu'il ait touché un autre joueur. En cas d'infraction, l'arbitre fait retirer le penalty ou accorde un coup franc selon l'équipe fautive et le résultat du tir. Le tableau ci-dessous résume l'essentiel des obligations de chacun.

Acteur du penaltyCe que prévoient les Lois du jeuInfraction fréquente
BallonImmobile sur le point de penalty, à 11 m du milieu de la ligne de butBallon déplacé ou mal placé
TireurIdentifié, frappe vers l'avant, ne rejoue pas le ballon avant qu'un autre joueur l'ait touchéFeinte une fois la course d'élan terminée
GardienSur sa ligne, entre les poteaux, au moins une partie d'un pied sur la ligne au moment du tirAvancer avant la frappe
Autres joueursHors de la surface, derrière le point, à au moins 9,15 mEntrer trop tôt dans la surface
ArbitreDonne le signal du tir et contrôle le respect des règlesDécision de faire retirer le tir

D'où vient le penalty ? Histoire d'une règle née en 1891

Dans les premières décennies du football codifié, aucune règle particulière ne protégeait les attaquants contre les fautes commises près du but, et certains défenseurs n'hésitaient pas à faucher un adversaire pour éviter un but certain, quitte à concéder un simple coup franc. L'idée du penalty est généralement attribuée à William McCrum, gardien de but et homme d'affaires irlandais, qui la soumet à la fédération irlandaise à la fin des années 1880. Après des débats, l'IFAB adopte la règle en 1891. Les premiers penaltys étaient tirés depuis une ligne située à 12 yards du but, et non depuis un point précis ; le gardien pouvait alors avancer jusqu'à 6 yards de sa ligne. Le tracé du terrain, avec la surface de réparation rectangulaire et le point de penalty, se fixe au début du XXe siècle, et la distance de 12 yards devient les 11 mètres du système métrique. Les règles relatives au gardien ont ensuite été plusieurs fois modifiées pour limiter ses mouvements avant la frappe. La règle a aussi produit des gestes devenus légendaires, comme le penalty piqué au centre du but par le Tchécoslovaque Antonín Panenka en finale du championnat d'Europe 1976, à tel point que l'on parle encore aujourd'hui de « panenka » pour désigner ce tir audacieux.

Tirs au but : quand les penaltys départagent deux équipes

La séance de tirs au but est souvent appelée, à tort, « séance de penaltys ». Elle intervient lorsqu'une compétition impose de désigner un vainqueur et que les équipes sont à égalité après le temps réglementaire et, le cas échéant, les prolongations. Elle a été adoptée au début des années 1970 pour remplacer des solutions jugées peu satisfaisantes, comme le tirage au sort ou le match à rejouer. Chaque équipe désigne cinq tireurs parmi les joueurs présents sur le terrain à la fin de la rencontre, et les tirs alternent d'une équipe à l'autre, toujours vers le même but choisi par l'arbitre. Si, après cinq tirs chacune, les équipes sont toujours à égalité, la séance se poursuit en mort subite, tir par tir, jusqu'à ce qu'une équipe marque et l'autre non au cours d'une même série. Un même joueur ne peut tirer une deuxième fois que lorsque tous ses coéquipiers éligibles, gardien compris, ont tiré. Les buts marqués lors de la séance ne comptent pas dans le score du match, qui reste officiellement un match nul : ils servent uniquement à désigner l'équipe qualifiée ou victorieuse. De nombreuses finales de Coupe du monde et de championnats continentaux ont ainsi été décidées au terme d'une séance de tirs au but, toujours vécue comme une épreuve nerveuse.

Dessin animé du duel du penalty vu depuis le tireur : le gardien plonge d'un côté pendant que le ballon part de l'autre, avec les zones du but les plus difficiles à atteindre pour le gardien Lucarnegauche Lucarnedroite Le duel tireur contre gardien Le gardien choisitsouvent un côtéavant la frappe
Le penalty est un duel psychologique : le gardien doit souvent anticiper un côté, tandis que le tireur cherche les zones hautes et proches des poteaux, les plus difficiles à atteindre.

Tireur contre gardien : la stratégie du penalty

Sur le papier, le penalty avantage nettement le tireur : la distance est courte, le but large et le gardien dispose d'une fraction de seconde pour réagir. Une large majorité des penaltys sont d'ailleurs transformés, mais l'échec n'est jamais exclu, tant la dimension psychologique pèse lourd. Face à un ballon frappé fort, le gardien n'a pas le temps de voir sa trajectoire : il doit souvent anticiper et choisir un côté avant la frappe, en s'appuyant sur l'observation de la course d'élan, de l'orientation du pied d'appui ou sur les habitudes du tireur, aujourd'hui étudiées grâce aux statistiques et à la vidéo. Le tireur, lui, peut privilégier la puissance, le placement près des poteaux ou en lucarne, ou encore attendre le dernier moment pour voir le gardien partir avant de placer le ballon de l'autre côté. Certains osent la « panenka », un ballon piqué au centre du but qui ridiculise le gardien parti trop tôt, mais qui expose aussi le tireur à l'humiliation en cas d'échec. Les équipes désignent généralement un tireur attitré, choisi pour son sang-froid. Le principe du face-à-face réparateur existe aussi dans d'autres sports collectifs, comme le hockey sur gazon, où une faute grave près du but peut également déboucher sur un duel entre un attaquant et le gardien.