Le coati est un petit mammifère carnivore d'Amérique, cousin du raton laveur, que l'on reconnaît à son long museau mobile, véritable petite trompe qui fouille sans relâche le sol des forêts, et à sa longue queue annelée qu'il porte souvent dressée à la verticale comme un étendard. Curieux, agile et très sociable, il vit en bandes bruyantes de femelles et de jeunes qui parcourent leur territoire en file, retournant les feuilles mortes, grattant la terre et grimpant aux arbres avec une aisance remarquable. Le mot désigne plusieurs espèces proches, dont la plus connue est le coati roux d'Amérique du Sud, Nasua nasua, mais aussi le coati à nez blanc d'Amérique centrale et deux espèces de coatis de montagne, plus discrètes. Omnivore opportuniste, le coati s'adapte à des milieux très variés et n'hésite pas à profiter de la présence humaine, au point d'être devenu, dans certains parcs nationaux, une véritable attraction autant qu'un petit chapardeur. Cette définition présente son identité zoologique, l'origine de son nom, son anatomie, son habitat et son régime alimentaire, sa vie sociale très particulière et les relations parfois compliquées qu'il entretient avec l'homme.

Qu'est-ce qu'un coati ? Définition du cousin du raton laveur

Un coati est un mammifère de l'ordre des Carnivores et de la famille des Procyonidés, une famille exclusivement américaine qui regroupe aussi le raton laveur, le bassaris et le kinkajou, petit procyonidé arboricole à queue préhensile. Malgré son appartenance à l'ordre des Carnivores, le coati n'est pas un prédateur spécialisé : comme la plupart de ses cousins, il mange de tout, avec une nette préférence pour les invertébrés et les fruits. On distingue aujourd'hui deux genres. Le genre Nasua compte le coati roux, ou coati commun, Nasua nasua, répandu dans une grande partie de l'Amérique du Sud, et le coati à nez blanc, Nasua narica, présent du sud-ouest des États-Unis jusqu'au nord de l'Amérique du Sud. Le genre Nasuella rassemble deux espèces de coatis de montagne, plus petites, qui vivent dans les forêts d'altitude des Andes. Tous partagent une silhouette élancée, une tête allongée prolongée par un nez très mobile et une queue presque aussi longue que le corps, ornée d'anneaux clairs et sombres. Le coati roux a été décrit scientifiquement par Linné au XVIIIe siècle.

Dessin animé légendé d'un coati : museau mobile, masque facial, queue annelée dressée, griffes et pieds plantigrades Museau long et mobile Masque facial clair et sombre Queue annelée dressée Pelage brun roux Griffes pour fouiller Pieds plantigrades
Le coati fouille le sol avec son museau mobile et se repère en groupe grâce à sa queue annelée dressée.

Coati roux, coati à nez blanc et coatis de montagne

Les différentes espèces de coati se ressemblent beaucoup, mais elles se distinguent par leur aire de répartition et quelques détails d'apparence. Le coati roux, que l'on appelle aussi coati commun ou coati à queue annelée, est le plus répandu en Amérique du Sud, de la Colombie et du Venezuela jusqu'au nord de l'Argentine et de l'Uruguay ; malgré son nom, son pelage varie du roux vif au brun grisâtre selon les régions et les individus. Le coati à nez blanc, souvent un peu plus grand, se reconnaît à son museau marqué de clair et à ses taches pâles autour des yeux ; il vit au Mexique, en Amérique centrale et jusque dans les canyons boisés de l'Arizona et du Nouveau-Mexique, où on l'appelle parfois chulo ou pizote. Les coatis de montagne, ou Nasuella, sont de plus petite taille, avec un pelage plus sombre et une queue plus courte ; ils occupent les forêts humides et les landes d'altitude des Andes de Colombie, d'Équateur et du Venezuela, et restent encore mal connus des scientifiques. Le tableau ci-dessous résume ces différences avec des dimensions indicatives, qui varient selon les sources et les populations.

Espèce de coatiRépartitionSigne distinctif
Coati roux (Nasua nasua)Amérique du Sud, jusqu'au nord de l'ArgentinePelage roux à brun, anneaux de queue bien marqués
Coati à nez blanc (Nasua narica)Sud-ouest des États-Unis, Mexique, Amérique centraleMuseau et taches autour des yeux clairs
Coati de montagne de l'Ouest (Nasuella olivacea)Andes de Colombie et d'ÉquateurPetite taille, pelage olivâtre, queue plus courte
Coati de montagne de l'Est (Nasuella meridensis)Andes du VenezuelaTrès localisé, encore peu étudié

D'où vient le mot « coati » ? Étymologie

Le mot coati est d'origine amérindienne. Il vient du tupi, langue parlée par des peuples de la côte brésilienne, dans laquelle l'animal se nommait kuati. Les explications courantes rattachent ce terme à deux éléments signifiant « ceinture » et « nez », par allusion à l'habitude qu'a le coati de dormir enroulé sur lui-même, le museau glissé contre le ventre, comme s'il était ceinturé par son propre nez ; cette interprétation, souvent citée, reste toutefois discutée. Le mot a été transmis aux langues européennes par le portugais et l'espagnol, puis adopté en français, où il est attesté depuis l'époque des premiers récits sur le Brésil. Le nom scientifique du genre, Nasua, provient quant à lui du latin nasus, « nez », et souligne l'organe le plus caractéristique de l'animal ; dans Nasua nasua, le nom est même répété, selon une pratique fréquente en zoologie appelée tautonymie. Les noms régionaux sont nombreux : quati au Brésil, coatí en Argentine, pizote ou tejón dans plusieurs pays d'Amérique centrale, ce dernier mot désignant d'ordinaire le blaireau, avec lequel le coati partage une silhouette trapue et un goût pour la fouille du sol.

À quoi ressemble le coati ? Anatomie et particularités

Le coati a la taille d'un gros chat, avec un corps de 40 à 65 centimètres environ et une queue presque aussi longue, pour un poids qui varie en général de 3 à 7 kilogrammes, les mâles étant nettement plus lourds que les femelles. Son trait le plus marquant est son nez allongé, prolongé par un museau cartilagineux extrêmement mobile qui peut se tourner dans toutes les directions, un peu comme une petite trompe : il lui sert à flairer et à fouiller sous les feuilles mortes, dans l'humus ou dans les fissures de l'écorce. La face porte un masque de taches claires et sombres autour des yeux et du museau. Les pattes, courtes et robustes, sont armées de griffes non rétractiles puissantes, idéales pour gratter le sol et grimper. Le coati se déplace au sol de façon plantigrade, en posant toute la plante du pied comme l'ours ou le raton laveur. Il est aussi capable de faire pivoter ses chevilles pour descendre des troncs la tête en bas, un talent rare chez les mammifères de cette taille. Les mâles adultes possèdent de longues canines tranchantes, dont ils se servent pour se défendre ou lors des affrontements avec leurs rivaux.

Une queue annelée qui sert de signal

La queue annelée du coati, ornée d'une série d'anneaux clairs et foncés plus ou moins nets selon les espèces, n'est pas préhensile, contrairement à celle du kinkajou. Elle joue pourtant plusieurs rôles importants. Dans les arbres, elle sert de balancier et aide l'animal à garder l'équilibre lorsqu'il progresse sur des branches fines ou effectue des sauts. Au sol, le coati la tient souvent dressée presque à la verticale, l'extrémité légèrement recourbée, ce qui permet aux membres d'une même bande de se repérer les uns les autres dans la végétation dense du sous-bois, à la manière d'un drapeau qui dépasse des fourrés. Ce signal visuel est particulièrement utile pour un animal qui se déplace en groupe et dont les membres, occupés à fouiller le sol, sont souvent dispersés. La queue participe aussi à la communication : sa position, ses mouvements et l'attitude générale du corps renseignent les autres coatis sur l'humeur ou les intentions de l'animal. Cette queue spectaculaire, jointe au museau mobile, rend la silhouette du coati facile à identifier, même de loin, et contribue largement à la sympathie qu'il inspire.

Où vit le coati et que mange-t-il ? Habitat et alimentation

Le coati occupe une grande variété de milieux, ce qui explique sa large répartition. On le rencontre dans les forêts tropicales humides, les forêts sèches, les forêts galeries le long des rivières, les savanes arborées, les zones de broussailles et, pour certaines espèces, les forêts d'altitude des Andes. Animal surtout diurne, il passe ses journées à chercher sa nourriture au sol et se réfugie la nuit dans les arbres, où il dort sur des branches ou dans des nids de feuillage. Il partage ces forêts avec d'autres mangeurs d'invertébrés, comme les fourmiliers, mais son régime est beaucoup plus varié : c'est un omnivore opportuniste. Une grande partie de son alimentation se compose d'insectes, de larves, d'araignées, de scorpions, de mille-pattes et de vers qu'il déniche grâce à son flair, mais il consomme aussi en abondance les fruits mûrs lorsqu'ils sont disponibles, ainsi que des graines, des œufs, de petits lézards, des grenouilles ou de jeunes rongeurs. Ce menu changeant au fil des saisons lui permet de traverser les périodes de disette. En dispersant les graines des fruits qu'il avale, le coati contribue en outre à la régénération des forêts, tandis que ses fouilles retournent la litière.

Infographie : la famille des Procyonidés, avec le coati, le raton laveur, le kinkajou et le bassaris Procyonidéscarnivores omnivores d'Amérique Coatislong nez, en bande Raton laveurmasque noir, nocturne Kinkajouqueue préhensile Bassarisagile, grands yeux Une famille propre aux Amériques
Le coati appartient aux Procyonidés, une famille américaine de petits carnivores omnivores qui comprend aussi le raton laveur et le kinkajou.

Comment vit le coati ? Vie sociale et reproduction

La vie sociale du coati est l'une de ses grandes originalités. Les femelles et leurs petits vivent ensemble en bandes qui comptent souvent une dizaine à une vingtaine d'individus, parfois davantage, et qui se déplacent, se nourrissent et dorment ensemble. Les femelles d'une même bande sont souvent apparentées et coopèrent activement : elles surveillent les environs, lancent des cris d'alarme à l'approche d'un rapace, d'un félin ou d'un serpent, se toilettent mutuellement et peuvent s'occuper des jeunes des autres. Les mâles, eux, quittent le groupe vers l'âge de deux ans environ et mènent ensuite une vie solitaire, ce qui leur a valu l'appellation de « coatimundi », longtemps employée pour désigner les individus isolés, que l'on croyait appartenir à une espèce différente. Ils ne sont tolérés par les femelles qu'au moment de la reproduction, une courte période de l'année pendant laquelle un mâle rejoint la bande. La femelle s'isole ensuite pour mettre bas dans un nid aménagé dans un arbre, après une gestation d'environ deux mois et demi. La portée compte généralement deux à six petits, qui restent quelques semaines au nid avant que la mère ne rejoigne la bande avec eux.

Une journée en bande

Observer une bande de coatis au travail est un spectacle assez comique. Dès le matin, les animaux descendent de leurs arbres-dortoirs et partent en file indienne, queues dressées, à la recherche de nourriture. Chacun avance le nez au ras du sol, retourne les feuilles, gratte avec ses griffes et plonge son museau dans chaque cavité, en poussant de petits grognements et des cris de contact qui maintiennent la cohésion du groupe. Lorsqu'un arbre fruitier est repéré, la bande grimpe et se nourrit dans les branches, non sans quelques chamailleries pour les meilleurs morceaux. Les jeunes jouent beaucoup entre eux, se poursuivent et se bousculent, ce qui leur permet d'apprendre les gestes utiles et les codes de la vie en société. Aux heures les plus chaudes, les coatis se reposent à l'ombre ou se toilettent, avant de reprendre leur quête en fin d'après-midi. Le soir venu, ils remontent dans les arbres pour passer la nuit à l'abri des prédateurs terrestres. Cette vie collective a de réels avantages : plus d'yeux pour repérer les dangers, une défense commune contre certains prédateurs et un meilleur repérage des ressources alimentaires sur le territoire.

Le coati et l'homme : chapardeur, animal de compagnie et espèce invasive

Le coati roux est classé dans la catégorie « préoccupation mineure » par l'Union internationale pour la conservation de la nature, car il reste répandu, mais certaines populations souffrent de la déforestation, de la chasse et des collisions routières. Sa capacité d'adaptation l'a rendu familier dans plusieurs sites touristiques, notamment aux chutes d'Iguaçu, à la frontière entre le Brésil et l'Argentine, où les coatis sont devenus experts dans l'art de fouiller les poubelles et de dérober les sandwichs des visiteurs. Les autorités y multiplient les panneaux demandant de ne pas les nourrir, car cette alimentation artificielle nuit à leur santé et rend certains individus agressifs ; leurs morsures et griffures peuvent d'ailleurs transmettre des maladies. Son allure attachante a aussi fait du coati un animal de compagnie exotique, ce qui pose problème lorsque des individus s'échappent ou sont relâchés. En Europe, le coati roux s'est ainsi installé à l'état sauvage dans certaines régions, comme sur l'île de Majorque, et il figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne, ce qui en interdit la détention, le commerce et la reproduction. Dans ses forêts d'origine, il côtoie d'autres mangeurs d'insectes au museau allongé, comme le tamandua, petit fourmilier arboricole.