LGBT est un sigle formé des initiales de quatre mots : lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Il sert à désigner collectivement les personnes dont l'orientation sexuelle ou l'identité de genre ne correspond pas à la norme majoritaire hétérosexuelle et cisgenre, ainsi que les mouvements qui défendent leurs droits. Apparu dans le monde anglophone avant de se diffuser en France, il a progressivement remplacé des expressions plus anciennes comme « communauté gay » ou « gays et lesbiennes », jugées trop restrictives. Au fil des années, le sigle s'est allongé pour inclure d'autres réalités, jusqu'à la forme LGBTQIA+ que l'on rencontre souvent aujourd'hui : le Q pour queer, le I pour les personnes intersexes, le A pour les personnes asexuelles, une notion que l'on présente parfois sous l'expression être asexué, et le signe « + » pour toutes les identités qui ne sont pas nommées explicitement. Ces variations déroutent souvent ceux qui découvrent ces termes, d'autant que chaque lettre ne relève pas du même registre : certaines désignent une orientation, d'autres une identité ou une caractéristique biologique. Cette définition explique chaque lettre, retrace l'histoire de l'acronyme, ses principaux repères en France et la manière de l'employer à bon escient.
Que veut dire LGBT ? Signification de l'acronyme
Lettre par lettre, le sigle LGBT se lit ainsi. Le L désigne les lesbiennes, c'est-à-dire les femmes attirées sentimentalement ou sexuellement par d'autres femmes ; le mot vient de l'île grecque de Lesbos, patrie de la poétesse Sappho, qui chanta l'amour entre femmes dans l'Antiquité. Le G désigne les gays, terme emprunté à l'anglais qui s'applique surtout aux hommes attirés par les hommes, même s'il est parfois employé pour toute personne homosexuelle ; il a été adopté par les militants eux-mêmes pour remplacer des mots médicaux ou injurieux. Le B désigne les personnes bisexuelles, attirées par des personnes de plus d'un genre, sans que cette attirance soit forcément égale ou simultanée. Le T, enfin, désigne les personnes transgenres, dont l'identité de genre, c'est-à-dire le sentiment intime d'être un homme, une femme ou ni l'un ni l'autre, ne correspond pas au sexe qui leur a été assigné à la naissance. Le terme « transsexuel », plus ancien et associé à un vocabulaire médical, est aujourd'hui généralement évité au profit de « trans » ou « transgenre ». Les drag-queens, qui jouent un personnage féminin à des fins artistiques, ne relèvent pas en tant que telles de cette catégorie, contrairement à une confusion fréquente.
Orientation sexuelle, identité de genre, caractéristiques sexuelles
Pour bien comprendre le sigle LGBT et ses extensions, il faut distinguer trois notions que l'on confond souvent. L'orientation sexuelle concerne l'attirance, sexuelle ou affective, que l'on éprouve, ou non, pour d'autres personnes : être hétérosexuel, homosexuel, bisexuel ou asexuel relève de cette dimension. L'identité de genre correspond au sentiment intime d'appartenir à un genre, qu'il soit masculin, féminin ou ni l'un ni l'autre : une personne est dite cisgenre lorsque ce sentiment correspond au sexe assigné à sa naissance, transgenre dans le cas contraire, et non binaire lorsqu'elle ne se reconnaît pas exclusivement dans l'une des deux catégories. Les caractéristiques sexuelles, enfin, désignent les données biologiques du corps (chromosomes, hormones, organes génitaux), qui ne rentrent pas toujours dans les définitions habituelles du masculin et du féminin. Ces trois dimensions sont indépendantes : une femme trans peut être hétérosexuelle, lesbienne ou bisexuelle, de même qu'une personne intersexe peut avoir n'importe quelle orientation. Le sigle juxtapose donc des réalités différentes, réunies moins par une nature commune que par une expérience partagée de la discrimination et par une histoire militante commune.

Que signifient les lettres ajoutées dans LGBTQIA+ ?
La forme longue LGBTQIA+ ajoute plusieurs lettres aux quatre initiales historiques. Le Q renvoie au mot anglais queer, qui signifiait à l'origine « étrange » ou « bizarre » et servait d'insulte contre les homosexuels avant d'être revendiqué avec fierté par les militants à partir de la fin des années 1980. Il désigne aujourd'hui les personnes qui ne se reconnaissent pas dans les catégories habituelles d'orientation ou de genre, ou qui refusent de se laisser enfermer dans une étiquette précise ; dans certaines versions anglophones, le Q désigne aussi les personnes en questionnement (questioning). Le I désigne les personnes intersexes, nées avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions typiques du corps masculin ou féminin : il ne s'agit pas d'une orientation ni d'une identité, mais d'une variation biologique qui peut être visible dès la naissance ou découverte plus tard. Leurs associations dénoncent notamment les opérations pratiquées sur des enfants trop jeunes pour donner leur consentement. Ces ajouts traduisent la volonté de rendre visibles des personnes longtemps absentes des débats, y compris au sein même des mouvements homosexuels, qui ont parfois tardé à intégrer leurs revendications spécifiques.
Le A, le + et les autres variantes du sigle LGBT
Le A de LGBTQIA+ renvoie principalement aux personnes asexuelles, qui ressentent peu ou pas d'attirance sexuelle, ce qui ne les empêche pas forcément d'éprouver des sentiments amoureux ou de vivre en couple ; il est parfois étendu aux personnes aromantiques, qui ne ressentent pas d'attirance amoureuse, voire aux personnes agenres. Contrairement à une interprétation répandue, il ne désigne pas en priorité les « alliés » hétérosexuels, même si certaines versions anglophones l'ont parfois employé dans ce sens. Le signe « + » indique que la liste n'est pas exhaustive et englobe notamment les personnes pansexuelles, attirées par d'autres indépendamment de leur genre, les personnes non binaires ou celles qui s'interrogent sur leur identité. Il existe de nombreuses variantes du sigle selon les pays et les organisations : LGBT, LGBTI, LGBTQ, LGBTQI+ ou encore 2SLGBTQI+ au Canada, où le « 2S » désigne les personnes bispirituelles des peuples autochtones. Ces différences ne signalent pas forcément un désaccord de fond, mais plutôt des choix de lisibilité ou des priorités militantes différentes, comme le résume le tableau ci-dessous.
| Lettre | Mot | Ce que cela désigne | Dimension concernée |
|---|---|---|---|
| L | Lesbiennes | Femmes attirées par les femmes | Orientation |
| G | Gays | Hommes attirés par les hommes | Orientation |
| B | Bisexuels | Attirance pour plus d'un genre | Orientation |
| T | Transgenres | Genre vécu différent du sexe assigné à la naissance | Identité de genre |
| Q | Queer | Refus des catégories habituelles, terme englobant | Orientation et identité |
| I | Intersexes | Variations des caractéristiques sexuelles | Biologie |
| A | Asexuels (aromantiques) | Peu ou pas d'attirance sexuelle | Orientation |
| + | Et les autres | Pansexuels, non binaires, personnes en questionnement… | Toutes |
D'où vient le sigle LGBT ? Histoire d'un acronyme
Le sigle LGBT est l'aboutissement d'une longue évolution du vocabulaire. Après des décennies durant lesquelles l'homosexualité était décrite par la médecine comme une pathologie et par le droit comme un délit dans de nombreux pays, les militants des années 1960 et 1970 imposent le mot gay, choisi par les intéressés eux-mêmes. Les émeutes de Stonewall, en 1969 à New York, sont considérées comme l'acte fondateur du mouvement moderne, et les marches des fiertés en perpétuent le souvenir. On parle alors volontiers de « communauté gay », puis de « gays et lesbiennes », les femmes réclamant d'être nommées pour ne pas être invisibilisées. Au fil des années 1980 et 1990, les personnes bisexuelles et transgenres obtiennent à leur tour d'être explicitement mentionnées, et le sigle LGBT se répand dans le monde anglophone, avant de s'imposer en France dans les années 2000, notamment dans le vocabulaire des associations, des médias et des pouvoirs publics. Les lettres supplémentaires apparaissent ensuite, au rythme de la visibilité croissante des personnes queer, intersexes et asexuelles. Le drapeau arc-en-ciel, dessiné par l'artiste Gilbert Baker en 1978, est devenu l'emblème de cet ensemble.
Quelques repères sur les droits LGBT en France
L'histoire du sigle LGBT accompagne celle de la reconnaissance progressive des droits des personnes concernées. En France, l'homosexualité avait cessé d'être un crime dès la Révolution, mais des dispositions discriminatoires sont restées en vigueur jusqu'en 1982, date à laquelle la majorité sexuelle a été alignée pour les relations homosexuelles et hétérosexuelles. En 1990, l'Organisation mondiale de la santé retire l'homosexualité de sa classification des maladies, un 17 mai : ce jour a été choisi plus tard pour la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. Le pacte civil de solidarité, ouvert aux couples de même sexe, est créé en 1999, et la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels est adoptée en 2013, après de vifs débats. Les droits des personnes trans ont évolué plus récemment, avec notamment une simplification du changement de la mention du sexe à l'état civil, qui n'exige plus d'opération chirurgicale. Ces avancées n'ont pas fait disparaître les discriminations : les associations continuent de signaler des agressions et des propos haineux, ce qui explique que le sigle reste aussi un outil de mobilisation et de visibilité, en particulier lors des marches des fiertés organisées chaque année.

Comment employer le sigle LGBT correctement ?
Quelques principes simples permettent d'utiliser le sigle LGBT avec justesse. Il désigne d'abord un ensemble de personnes ou de questions : on parle des « personnes LGBT », des « droits LGBT » ou du « mouvement LGBT ». Pour parler d'un individu, mieux vaut employer le terme qui le concerne précisément, s'il souhaite le mentionner : on dira d'un homme qu'il est gay, d'une femme qu'elle est lesbienne ou d'une personne qu'elle est trans, plutôt que de dire qu'elle « est LGBT ». De même, lorsqu'un sujet ne concerne qu'une partie du groupe, il est plus exact de la nommer : les questions d'état civil touchent avant tout les personnes trans, celles des opérations précoces les personnes intersexes. Le choix entre les formes courtes et longues dépend du contexte : LGBT reste la forme la plus reconnue du grand public et de nombreuses institutions, tandis que LGBTQIA+ ou LGBTI+ sont privilégiées par les associations qui veulent marquer leur volonté d'inclusion. Il convient enfin de respecter les mots que les personnes choisissent pour se définir, y compris les pronoms, et d'éviter les termes injurieux ou les vocabulaires médicaux dépassés, comme « inverti » ou « transsexualisme », qui ont longtemps servi à stigmatiser.
Le sigle LGBT, objet de débats
Comme beaucoup de mots liés aux questions de société, le sigle LGBT suscite des discussions, y compris parmi les personnes qu'il désigne. Certains lui reprochent son allongement continu, qui rendrait la forme complète difficile à retenir et à prononcer, et préfèrent des termes plus courts comme « queer » ou l'expression « minorités sexuelles et de genre » utilisée par les chercheurs. D'autres soulignent que regrouper des réalités aussi différentes que l'orientation sexuelle, l'identité de genre et l'intersexuation peut entretenir les confusions, ou masquer des intérêts parfois divergents. Des associations d'un pays à l'autre n'emploient pas la même forme, et les institutions internationales hésitent entre plusieurs variantes. Le sigle est aussi pris dans des controverses politiques plus larges, où certains y voient le symbole d'un progrès des droits et d'autres celui d'une militance jugée envahissante. Ces débats montrent que les mots qui désignent les identités ne sont jamais tout à fait neutres : ils évoluent avec les sociétés qui les emploient, au même titre que les termes polémiques apparus récemment dans le débat public pour qualifier les mobilisations contre les discriminations, comme le wokisme, dont le sens varie fortement selon ceux qui l'utilisent.