Le snowboard, ou surf des neiges en français, est un sport de glisse qui consiste à descendre une pente enneigée debout sur une planche unique, les deux pieds fixés de travers, à la manière d'un surfeur ou d'un skateur. Né aux États-Unis au milieu des années 1960, il s'est imposé en quelques décennies comme l'une des grandes pratiques des stations de sports d'hiver, aux côtés du ski alpin, et il est devenu olympique en 1998. Le snowboard se distingue du ski par son matériel, sa position et sa manière de tourner, mais aussi par une culture propre, héritée du surf et du skateboard, faite de sauts, de figures, de liberté et d'esprit de bande. On le pratique sur les pistes balisées, dans les snowparks aménagés avec des bosses et des rampes, ou en hors-piste dans la poudreuse, à condition d'en maîtriser les risques. Les compétitions vont du halfpipe aux courses de snowboardcross, et des champions comme Shaun White, Chloe Kim ou Terje Håkonsen ont fait rêver des générations de riders. Cette définition explique ce qu'est le snowboard, d'où il vient, en quoi il diffère du ski, quelles disciplines il recouvre, comment débuter et quelles règles de sécurité respecter pour en profiter pleinement.
Qu'est-ce que le snowboard ? Définition
Le snowboard est une planche de glisse d'environ un mètre trente à plus d'un mètre soixante selon la taille et le poids du pratiquant, sur laquelle le rider se tient de profil, les deux pieds attachés par des fixations orientées en biais. Les bords de la planche sont équipés de carres métalliques, qui mordent la neige et permettent de tourner et de freiner, tandis que ses extrémités relevées, la spatule avant et le talon, facilitent la glisse. Le pratiquant ne dispose pas de bâtons : il dirige sa planche en transférant son poids, en basculant sur la carre côté talons ou côté orteils et en orientant ses épaules et ses hanches. On distingue deux positions de base : regular, avec le pied gauche devant, et goofy, avec le pied droit devant ; aucune n'est meilleure, chacun adopte celle qui lui paraît naturelle. Le snowboard appartient à la grande famille des sports de glisse sur planche, aux côtés du surf, du skateboard ou le bodyboard, dont il partage la recherche de sensations et le vocabulaire anglais. On appelle d'ailleurs « rider » ou « snowboardeur » celui qui le pratique, et l'on parle de « surf » dans le langage courant des stations, même si le terme officiel reste snowboard.
D'où vient le snowboard ? Une histoire récente
L'histoire du snowboard commence aux États-Unis en 1965, lorsque l'ingénieur Sherman Poppen fabrique pour ses enfants une planche en assemblant deux skis et en y fixant une corde à l'avant pour la diriger. Baptisé Snurfer, contraction de snow et de surfer, ce jouet rencontre un vrai succès commercial et inspire de jeunes passionnés. Dans les années 1970, plusieurs pionniers, dont Jake Burton Carpenter et Tom Sims, développent de véritables planches avec des fixations, et fondent des marques qui deviendront incontournables. Les débuts sont pourtant difficiles : dans les années 1980, de nombreuses stations interdisent les pistes aux snowboardeurs, jugés dangereux ou peu recommandables, avant de les accepter progressivement face à l'essor de la pratique. Les premières compétitions s'organisent, la culture freestyle se développe avec les halfpipes, et la discipline gagne l'Europe, où les stations françaises deviennent rapidement des terrains de jeu prisés. Le snowboard entre aux Jeux olympiques à Nagano en 1998, avec le halfpipe et le slalom géant, édition où la Française Karine Ruby décroche le premier titre olympique féminin. D'autres épreuves ont ensuite rejoint le programme, comme le snowboardcross, le slopestyle ou le big air.

Snowboard ou ski : quelles différences ?
La première différence entre le snowboard et le ski tient au matériel : le skieur utilise deux skis indépendants et deux bâtons, le snowboardeur une seule planche, sans bâtons, avec des chaussures plus souples et plus confortables pour marcher. La position change tout : le skieur fait face à la pente, les pieds indépendants, alors que le snowboardeur se tient de profil, les deux pieds solidaires. La manière de tourner diffère donc aussi. Le skieur s'appuie alternativement sur le ski extérieur au virage, tandis que le snowboardeur bascule d'une carre à l'autre, en transférant son poids vers les talons ou vers les orteils et en guidant la rotation avec le haut du corps. Il est souvent dit que les premiers jours sont plus éprouvants en snowboard, avec davantage de chutes, mais que la progression devient ensuite rapide une fois le virage acquis ; l'expérience varie évidemment beaucoup selon les personnes. La large surface de la planche offre une excellente portance dans la neige profonde, ce qui explique l'attrait du snowboard pour la poudreuse. À l'inverse, les replats et certains téléskis sont moins confortables, puisqu'il faut souvent détacher un pied pour avancer. Le tableau ci-dessous résume ces différences.
| Critère | Snowboard | Ski |
|---|---|---|
| Matériel | Une planche, deux fixations, chaussures souples, pas de bâtons | Deux skis, deux bâtons, chaussures rigides |
| Position | De profil, les deux pieds attachés à la même planche | De face, chaque pied sur son ski |
| Virages | Bascule d’une carre à l’autre (talons ou orteils) | Appui alterné sur le ski extérieur |
| Premiers jours | Souvent plus de chutes au départ | Premiers pas réputés plus progressifs |
| Neige profonde | Excellente portance grâce à la surface de la planche | Demande une technique spécifique |
| Terrains plats et téléskis | Moins pratiques, il faut souvent détacher un pied | Plus faciles grâce aux bâtons |
Quelles sont les disciplines du snowboard ?
Le snowboard se décline en plusieurs disciplines, chacune avec son matériel et son esprit. Le freestyle regroupe les figures aériennes et les tricks réalisés dans les snowparks : le halfpipe, un demi-tube de neige dans lequel les riders enchaînent sauts et rotations d'un mur à l'autre ; le slopestyle, un parcours mêlant rampes de saut et modules de glisse comme les rails ; et le big air, où chaque concurrent présente sa meilleure figure sur un tremplin géant. Le freeride se pratique hors des pistes damées, dans la poudreuse et les grands espaces de montagne, avec des planches plus longues et directionnelles. Le snowboard alpin, ou carving, privilégie les virages taillés à grande vitesse sur neige dure, parfois avec des chaussures rigides ; en compétition, il donne lieu à des slaloms parallèles où deux concurrents s'affrontent côte à côte. Enfin, le snowboardcross fait s'affronter plusieurs riders en même temps sur un parcours de bosses, de virages relevés et de sauts, où le premier arrivé l'emporte. La France s'y est particulièrement illustrée, notamment avec Pierre Vaultier, double champion olympique de la discipline. Chaque discipline demande une planche adaptée : souple et symétrique pour le freestyle, plus rigide pour la vitesse et le carving.
Une culture de la glisse et ses grandes figures
Plus qu'un sport, le snowboard est aussi une culture, née de la rencontre entre les montagnes et l'univers du surf et du skateboard. Dès ses débuts, il a cultivé un style vestimentaire décontracté, des vidéos de riders tournées dans les plus beaux spots du monde, une musique et un vocabulaire propres, où l'on parle de tricks, de grabs, de switch lorsque l'on glisse avec le mauvais pied devant, ou de backcountry pour la montagne sauvage. Certaines figures ont marqué l'histoire de la discipline. Le Norvégien Terje Håkonsen, considéré comme l'un des plus grands riders de tous les temps, a incarné cet esprit libre, au point de refuser de participer aux premiers Jeux olympiques de snowboard. L'Américain Shaun White a dominé le halfpipe pendant plus d'une décennie et remporté plusieurs titres olympiques, tandis que sa compatriote Chloe Kim a impressionné par sa précocité et la difficulté de ses figures. En France, Karine Ruby, Mathieu Bozzetto ou Pierre Vaultier ont porté haut les couleurs nationales en compétition. À côté des compétiteurs, les riders de freeride, filmés sur des faces vertigineuses, ont largement contribué à faire rêver le grand public et à élargir l'image de ce sport.

Comment débuter le snowboard ?
Pour débuter le snowboard, le plus sûr est de prendre quelques cours dans une école de glisse, où un moniteur enseignera les bons réflexes dès la première journée. L'équipement de base se loue facilement en station : une planche adaptée à son gabarit et à son niveau, plutôt souple pour commencer, des chaussures bien ajustées et des fixations réglées selon sa position, regular ou goofy. Les premiers exercices consistent à apprendre à chausser et déchausser, à se déplacer avec un pied détaché, à se relever après une chute et à glisser en ligne droite sur une pente très douce. Viennent ensuite le dérapage, qui permet de descendre en contrôlant sa vitesse sur la carre côté talons, puis côté orteils, et la « feuille morte », où l'on traverse la pente en zigzag sans changer de carre. L'étape décisive est le premier virage enchaîné, qui consiste à passer d'une carre à l'autre en gardant le poids sur la jambe avant. Il est normal de tomber souvent les premiers jours : apprendre à chuter en roulant, sans tendre les bras, limite les blessures. La patience et la bonne humeur restent les meilleurs alliés, et il vaut mieux faire des pauses régulières que s'acharner jusqu'à l'épuisement.
Comment choisir sa planche de snowboard ?
Le choix d'une planche de snowboard dépend de la taille, du poids, du niveau et de la pratique visée. En règle générale, une planche posée debout doit arriver entre le menton et le nez, une taille plus courte facilitant les virages et les figures, une taille plus longue apportant stabilité et portance à haute vitesse ou en poudreuse ; le poids du rider reste toutefois le critère le plus important. La largeur doit être adaptée à la pointure, pour éviter que les orteils ou les talons ne frottent la neige en virage. La souplesse joue aussi : une planche souple pardonne davantage les erreurs et convient aux débutants comme au freestyle, une planche rigide offre plus de précision à grande vitesse. Le profil de la planche, appelé cambre, influence son comportement : le cambre classique, bombé au centre, donne du dynamisme et de l'accroche, tandis que le profil inversé, ou rocker, relève les extrémités pour flotter dans la neige profonde et limiter les accrochages de carre. Les fixations se règlent en largeur et en angle selon la position de chacun. Pour débuter, louer son matériel permet d'essayer plusieurs modèles avant d'investir, et les loueurs conseillent volontiers sur les réglages.
Quelles règles de sécurité respecter en snowboard ?
Comme tous les sports de glisse, le snowboard comporte des risques qu'un équipement adapté et quelques règles simples permettent de réduire. Le casque est vivement recommandé, et les protège-poignets sont très utiles aux débutants, car les chutes vers l'avant ou l'arrière sollicitent beaucoup les mains ; une protection dorsale est conseillée en freestyle. Sur les pistes, il faut respecter les règles de conduite communes à tous les usagers : adapter sa vitesse, laisser la priorité aux personnes situées en aval, ne pas s'arrêter dans les passages étroits ou derrière une bosse, et se placer en bord de piste pour attacher ses fixations. Dans les snowparks, on repère les modules avant de les franchir et l'on choisit ceux qui correspondent à son niveau. Le hors-piste exige une vigilance particulière : consultation du bulletin d'estimation du risque d'avalanche, équipement de sécurité avec détecteur de victimes d'avalanche, pelle et sonde, formation à leur usage, et idéalement encadrement par un guide ou un moniteur. C'est à ces conditions que l'on peut goûter aux grands espaces de montagne et à la neige vierge qui font la réputation du snowboard en dehors des pistes, une pratique que l'on retrouve aussi chez les skieurs sous le nom de ski freeride, avec les mêmes exigences de prudence.