L'IMC, ou indice de masse corporelle, est un calcul simple qui met en rapport le poids d'une personne et sa taille afin d'estimer sa corpulence. Utilisé partout dans le monde par les médecins, les diététiciens et les autorités de santé, il permet de repérer rapidement une maigreur, un surpoids ou une obésité chez l'adulte, situations associées à des risques accrus pour la santé. Son succès tient à sa facilité : une balance, une toise et une calculatrice suffisent. Contrairement à une idée répandue, l'IMC ne donne pourtant pas un « poids idéal » au kilo près et ne mesure pas directement la quantité de graisse du corps. Il définit plutôt une zone de corpulence associée, en moyenne, au risque le plus faible de maladies, et il doit toujours être interprété avec d'autres éléments, comme le tour de taille, l'âge, la masse musculaire, les antécédents ou l'évolution du poids dans le temps. Un IMC bas peut ainsi signaler un risque de dénutrition, situation qui rejoint la question de la sous-nutrition, tandis qu'un IMC élevé peut traduire un excès de masse grasse. Cette définition explique ce que signifie l'IMC, d'où il vient, comment le calculer, comment interpréter le résultat chez l'adulte, l'enfant et la personne âgée, et pourquoi il faut connaître ses limites.
Qu'est-ce que l'IMC ? Définition de l'indice de masse corporelle
L'indice de masse corporelle est un nombre obtenu en divisant le poids, exprimé en kilogrammes, par le carré de la taille, exprimée en mètres. Le résultat s'exprime donc en kilogrammes par mètre carré (kg/m²), même si l'on se contente généralement d'indiquer la valeur seule, par exemple « un IMC de 23 ». Il s'agit d'un indicateur de corpulence : il ne distingue pas ce qui, dans le poids, relève des muscles, des os, de l'eau ou de la graisse, mais il permet de comparer des personnes de tailles différentes sur une même échelle, ce que le poids seul ne permet pas. Un poids de 80 kilogrammes n'a en effet pas la même signification chez une personne de 1,60 mètre et chez une personne de 1,90 mètre. L'Organisation mondiale de la santé a défini des catégories d'IMC pour l'adulte, reprises par les autorités sanitaires françaises, qui servent de repères pour dépister les situations à risque. Dans la pratique médicale, l'IMC fait partie des mesures de base, au même titre que la tension artérielle : il est noté dans le dossier, suivi dans le temps et utilisé pour orienter un bilan, une prise en charge nutritionnelle ou certaines décisions, par exemple avant une chirurgie ou pour adapter le suivi d'une grossesse.
Que veut dire IMC ? L'origine de cet indice
Le sigle IMC est la traduction de l'anglais body mass index, abrégé BMI, que l'on rencontre aussi souvent en français, notamment sur les balances connectées et les applications. La formule elle-même est bien plus ancienne que son nom : elle a été proposée au XIXe siècle par le savant belge Adolphe Quetelet, mathématicien et astronome passionné de statistiques, qui cherchait à décrire les caractéristiques de « l'homme moyen » et avait remarqué que, chez l'adulte, le poids augmente à peu près comme le carré de la taille. On parle d'ailleurs encore parfois d'« indice de Quetelet ». Ce n'est qu'au XXe siècle que cet outil s'est imposé en santé, notamment après les travaux du physiologiste américain Ancel Keys, qui lui a donné son nom de body mass index au début des années 1970 et a montré qu'il reflétait assez bien la corpulence dans de grandes populations. Auparavant, les médecins utilisaient surtout des tables de poids établies par des compagnies d'assurance-vie à partir de statistiques sur la longévité de leurs assurés, qui proposaient un poids « souhaitable » selon la taille et la carrure, petite, moyenne ou grande. Plus simple et plus universel, l'IMC les a progressivement remplacées.
Comment calculer son IMC ?
Pour calculer son IMC, il suffit de connaître son poids en kilogrammes et sa taille en mètres. On multiplie d'abord la taille par elle-même, puis on divise le poids par le résultat obtenu : IMC = poids (kg) ÷ [taille (m) × taille (m)]. Prenons l'exemple d'un adulte mesurant 1,75 mètre et pesant 70 kilogrammes : 1,75 multiplié par 1,75 donne environ 3,06, et 70 divisé par 3,06 donne un IMC d'environ 22,9, qui se situe dans la zone de corpulence dite normale. Pour un résultat fiable, mieux vaut se peser le matin, à jeun, en sous-vêtements, sur une balance posée sur un sol dur, et mesurer sa taille pieds nus, dos contre un mur, sans se fier à une taille ancienne, puisqu'on perd souvent quelques centimètres en vieillissant. De nombreux calculateurs gratuits en ligne, des applications et certaines balances font le calcul automatiquement, mais la formule reste la même. Une seule mesure ne veut pas dire grand-chose : c'est surtout l'évolution de l'IMC au fil des mois et des années qui renseigne sur une prise ou une perte de poids, et une variation rapide et involontaire mérite toujours d'en parler à son médecin.
Comment interpréter l'IMC ? Les seuils chez l'adulte
Chez l'adulte de 18 à 65 ans environ, l'interprétation de l'IMC repose sur les catégories définies par l'Organisation mondiale de la santé. Un IMC inférieur à 18,5 correspond à une insuffisance pondérale, ou maigreur, et les valeurs nettement plus basses font évoquer une dénutrition. Entre 18,5 et 24,9, on parle de corpulence normale. De 25 à 29,9, il s'agit d'un surpoids, et à partir de 30 d'une obésité, elle-même subdivisée en trois classes : modérée de 30 à 34,9, sévère de 35 à 39,9 et massive, autrefois dite morbide, à partir de 40. Ces seuils ont été établis à partir de grandes études reliant la corpulence au risque de maladies et de décès dans des populations, principalement d'origine européenne. Ils ne constituent pas des frontières absolues : on ne bascule pas brutalement d'un état de santé à un autre en passant de 24,9 à 25, et une personne en léger surpoids mais active, sans facteur de risque, n'est pas dans la même situation qu'une personne au même IMC qui fume, est sédentaire et a de l'hypertension. Pour certaines populations, notamment d'origine asiatique, les risques métaboliques apparaissent à des IMC plus bas, et des seuils adaptés sont parfois utilisés. Le tableau et le schéma ci-dessous résument ces catégories.
| IMC (kg/m²) | Classification chez l'adulte | Ce que cela peut signifier |
|---|---|---|
| Moins de 18,5 | Insuffisance pondérale (maigreur) | Risque de dénutrition à rechercher, surtout si le poids baisse |
| 18,5 à 24,9 | Corpulence normale | Zone associée au risque le plus faible en moyenne |
| 25 à 29,9 | Surpoids | Risque à apprécier avec le tour de taille et les autres facteurs |
| 30 à 34,9 | Obésité modérée (classe I) | Risque accru de diabète, d'hypertension, d'arthrose |
| 35 à 39,9 | Obésité sévère (classe II) | Prise en charge médicale recommandée |
| 40 et plus | Obésité massive (classe III) | Risques importants, suivi spécialisé |
L'IMC chez l'enfant, l'adolescent et la personne âgée
Les seuils de l'adulte ne s'appliquent pas tels quels à tous les âges. Chez l'enfant et l'adolescent, la corpulence varie naturellement au cours de la croissance : l'IMC augmente pendant la première année, diminue ensuite jusque vers l'âge de six ans environ, puis remonte. On reporte donc la valeur calculée sur des courbes de corpulence établies selon l'âge et le sexe, présentes dans le carnet de santé, et c'est la position sur ces courbes, ainsi que leur évolution, qui permet au médecin de repérer un surpoids, une obésité ou une maigreur. Une remontée précoce de la courbe, appelée rebond d'adiposité précoce, est un signal à surveiller. Chez la personne âgée, l'interprétation change aussi : la perte de muscle liée à l'âge et la diminution de la taille modifient le calcul, et un IMC un peu plus élevé semble associé à un meilleur pronostic. C'est pourquoi les recommandations françaises retiennent, pour le diagnostic de la dénutrition à partir de 70 ans, un seuil d'IMC inférieur à 22, plus élevé que chez l'adulte plus jeune. Pendant la grossesse, enfin, l'IMC n'a pas de sens en lui-même : c'est l'IMC d'avant la grossesse qui sert à estimer la prise de poids recommandée, discutée avec la sage-femme ou le médecin.
Quelles sont les limites de l'IMC ?
Comme toute mesure simple, l'IMC a des limites qu'il faut connaître pour ne pas en tirer de conclusions hâtives. Sa principale faiblesse est de ne pas faire la différence entre la masse grasse et la masse musculaire : un sportif très musclé, comme un rugbyman ou un culturiste, peut avoir un IMC dans la zone du surpoids, voire de l'obésité, sans excès de graisse, tandis qu'une personne sédentaire peut avoir un IMC normal mais une masse grasse élevée et peu de muscles. L'IMC ne dit rien non plus de la répartition de la graisse, alors que celle-ci compte beaucoup : la graisse accumulée dans le ventre, autour des organes, est plus liée au diabète et aux maladies cardiovasculaires que celle des hanches et des cuisses. C'est pourquoi les médecins mesurent aussi le tour de taille, dont l'augmentation au-delà de certains seuils, différents chez l'homme et la femme, signale une obésité abdominale. D'autres facteurs faussent l'interprétation : l'origine ethnique, la grossesse, la présence d'œdèmes, une amputation ou une taille très petite ou très grande. Enfin, l'IMC ne renseigne ni sur l'alimentation, ni sur l'activité physique, ni sur la santé mentale. Il reste un excellent outil de dépistage dans une population, mais il ne suffit pas à juger de la santé d'une personne.
Pourquoi l'IMC compte-t-il pour la santé ?
Malgré ses imperfections, l'IMC est un indicateur utile, car il est relié à de nombreux risques. Dans les grandes études, un IMC élevé, et plus encore une obésité abdominale, est associé à un risque accru de diabète de type 2, d'hypertension artérielle, d'excès de cholestérol, de maladies cardiovasculaires comme l'infarctus et l'accident vasculaire cérébral, d'apnée du sommeil, d'arthrose des genoux et des hanches, de certains cancers, dont ceux du côlon, du sein après la ménopause, de l'endomètre ou du rein, ainsi que de maladies du foie. À l'autre extrémité, un IMC trop bas expose à la fatigue, à une moindre résistance aux infections, à l'ostéoporose, à des troubles du cycle chez la femme et, chez les personnes âgées, aux chutes et à la perte d'autonomie. La relation n'est donc pas linéaire : le risque est le plus faible dans la zone intermédiaire et augmente aux deux extrémités. Ces liens statistiques ne permettent pas de prédire l'avenir d'une personne en particulier, mais ils justifient de surveiller son IMC régulièrement, sans en faire une obsession, et d'en parler avec son médecin lorsqu'il sort de la zone habituelle ou évolue rapidement.
Que faire si son IMC sort de la zone normale ?
Un IMC en dehors de la zone dite normale n'est pas un diagnostic, mais une invitation à faire le point avec un médecin, qui replacera ce chiffre dans un contexte global : tour de taille, tension artérielle, bilan sanguin, antécédents familiaux, alimentation, activité physique, sommeil, traitements en cours et évolution récente du poids. Une perte de poids involontaire, même avec un IMC normal ou élevé, doit toujours être signalée, car elle peut révéler une maladie ou une dénutrition. En cas de surpoids ou d'obésité, la prise en charge repose d'abord sur des changements progressifs et durables, plutôt que sur des régimes restrictifs qui exposent à l'effet « yo-yo », avec l'aide si besoin d'un diététicien, d'un professionnel de l'activité physique adaptée ou d'un psychologue ; certaines situations relèvent de traitements médicaux ou chirurgicaux spécialisés. En cas de maigreur, il s'agit de rechercher une cause et de rétablir des apports suffisants. Dans tous les cas, l'objectif n'est pas d'atteindre un chiffre précis, mais de réduire les risques et d'améliorer le bien-être. Le surpoids abdominal a notamment des conséquences discrètes mais fréquentes sur le foie, comme le foie gras non alcoolique, une accumulation de graisse dans le foie souvent découverte par hasard lors d'une prise de sang ou d'une échographie.