La sous-location est l'opération par laquelle un locataire loue à son tour, à une autre personne, tout ou partie du logement qu'il occupe lui-même en vertu d'un bail. Le locataire en titre, appelé locataire principal, devient alors sous-bailleur, et la personne qui s'installe dans les lieux prend le nom de sous-locataire. Cette pratique répond à des besoins très concrets : un étudiant qui part un semestre à l'étranger, un salarié muté pour quelques mois, une personne qui souhaite louer une chambre libre pour alléger son loyer. Elle s'est aussi développée avec les plateformes de réservation entre particuliers, où certains locataires proposent leur appartement pour de courts séjours, à la manière de la location saisonnière, sans toujours savoir que la loi l'encadre strictement. En France, la sous-location d'un logement loué comme résidence principale n'est en effet possible qu'avec l'accord écrit du propriétaire, et le prix demandé au sous-locataire est plafonné. Cette définition présente le fonctionnement de la sous-location, son cadre juridique, les risques pour chacune des parties et les précautions à prendre. Il s'agit d'informations générales, à vérifier selon sa situation auprès d'un professionnel du droit ou sur un site officiel.
Qu'est-ce que la sous-location ? Définition
Juridiquement, la sous-location superpose deux contrats. Le premier est le bail principal, signé entre le propriétaire et le locataire, qui reste en vigueur avec toutes ses obligations : paiement du loyer, entretien courant, usage paisible des lieux. Le second est le contrat de sous-location, conclu entre le locataire principal et le sous-locataire, qui fixe la durée de l'occupation, le montant du sous-loyer, les parties du logement concernées et les règles de vie. Le propriétaire n'est pas partie à ce second contrat : il n'a pas de lien direct avec le sous-locataire, qui ne peut donc pas se retourner contre lui en cas de problème, et le locataire principal reste seul responsable envers le bailleur de l'ensemble des obligations du bail. Une règle de bon sens découle de cette construction : le locataire ne peut pas transmettre plus de droits qu'il n'en détient. Si le bail interdit par exemple une activité professionnelle dans les lieux, le sous-locataire ne pourra pas l'y exercer. La sous-location peut porter sur la totalité du logement, pendant une absence du locataire, ou sur une partie seulement, comme une chambre, le locataire continuant alors d'y habiter. Dans les deux cas, les mêmes conditions légales s'appliquent.
Sous-location, colocation, cession de bail : ne pas confondre
La sous-location est souvent confondue avec d'autres situations proches, qui obéissent pourtant à des règles différentes. En colocation, chaque occupant est locataire en titre, signataire du bail ou d'un bail individuel avec le propriétaire : il n'y a pas d'intermédiaire. Dans une cession de bail, le locataire ne reste pas dans le circuit : il transmet son contrat à un successeur qui prend sa place, ce qui suppose également l'accord du bailleur. L'hébergement d'un proche à titre gratuit, sans contrepartie financière, ne constitue pas une sous-location, même si le locataire doit veiller à respecter les clauses de son bail et à ne pas créer de nuisances. La location saisonnière, enfin, concerne le propriétaire qui loue lui-même un meublé de tourisme pour de courts séjours ; lorsqu'un locataire propose le logement qu'il loue sur une plateforme, il s'agit bien d'une sous-location, soumise aux mêmes conditions que toute autre. Distinguer ces notions est essentiel, car le régime juridique, les droits de l'occupant et les risques encourus changent du tout au tout d'une situation à l'autre. Le tableau suivant résume les principales différences.
| Notion | Qui loue à qui ? | Accord du propriétaire |
|---|---|---|
| Sous-location | Le locataire loue tout ou partie du logement à un sous-locataire | Accord écrit obligatoire, y compris sur le prix |
| Colocation | Plusieurs locataires signent avec le propriétaire | Chaque colocataire est locataire en titre |
| Cession de bail | Le locataire transmet son bail à un successeur | Accord écrit du bailleur nécessaire |
| Hébergement gratuit | Le locataire accueille un proche sans contrepartie | Pas d'accord requis s'il n'y a pas de loyer |
| Location saisonnière | Un propriétaire loue un meublé pour de courts séjours | Concerne le propriétaire, pas le locataire |
Comment fonctionne une sous-location ?
Concrètement, une sous-location régulière commence par une demande du locataire au propriétaire, qui doit donner son accord par écrit, à la fois sur le principe de la sous-location et sur le montant du sous-loyer. Une fois cet accord obtenu, le locataire principal le transmet au sous-locataire, accompagné d'une copie du bail en cours, afin que celui-ci connaisse exactement le cadre dans lequel il s'installe. Les deux parties signent ensuite un contrat de sous-location qui précise la durée, le prix, le dépôt de garantie éventuel, la répartition des charges et les parties du logement mises à disposition ; un état des lieux d'entrée et de sortie reste vivement recommandé, tout comme un inventaire si le logement est meublé. Le sous-locataire paie son sous-loyer au locataire principal, qui continue de régler le loyer au propriétaire. En cas de dégradation ou d'impayé, c'est vers le locataire principal que le propriétaire se tourne, à charge pour celui-ci de se retourner contre son sous-locataire. Le schéma ci-dessous illustre ces relations : le sous-locataire dépend entièrement du bail principal, ce qui explique la précarité de sa situation si ce bail prend fin.
Que dit la loi sur la sous-location en France ?
Pour les logements loués vides ou meublés comme résidence principale, la sous-location est encadrée par l'article 8 de la loi du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs. Le principe est simple : le locataire ne peut sous-louer le logement qu'avec l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix du loyer. L'accord tacite ou oral ne suffit pas : mieux vaut disposer d'un écrit daté et signé, qui mentionne le montant du sous-loyer accepté, et le conserver pendant toute la durée de l'opération. Le locataire doit en outre transmettre au sous-locataire l'autorisation écrite du propriétaire et la copie du bail en cours. La loi précise enfin qu'en cas de cessation du bail principal, le sous-locataire ne peut se prévaloir d'aucun droit à l'encontre du bailleur ni d'aucun titre d'occupation : si le bail du locataire principal est résilié ou arrive à son terme, le sous-locataire doit quitter les lieux. Ces règles s'appliquent quelle que soit la durée de la sous-location, qu'il s'agisse de quelques nuits ou de plusieurs mois. Les règles évoluent et chaque situation a ses particularités : en cas de doute, un avocat, une association d'information sur le logement ou un site officiel permettent de vérifier ses droits.
Un sous-loyer plafonné par la loi
Le locataire principal ne peut pas fixer librement le montant demandé au sous-locataire. La loi prévoit que le prix du loyer au mètre carré de surface habitable des locaux sous-loués ne peut excéder celui payé par le locataire principal. Autrement dit, la sous-location ne doit pas devenir une source de profit : elle permet au locataire de partager ou de couvrir sa charge de loyer, pas de réaliser une marge sur le dos du propriétaire et du sous-locataire. Il ne sert donc à rien de se référer aux prix du marché ou à la valeur du bien pour fixer un sous-loyer : la référence est le loyer effectivement payé, rapporté à la surface sous-louée. Lorsque seule une chambre est sous-louée, le calcul se fait au prorata de la surface occupée, en tenant compte, de manière raisonnable, des parties communes partagées. Le propriétaire qui donne son accord peut d'ailleurs contrôler ce montant, puisque la loi exige que son autorisation porte aussi sur le prix. Un sous-loyer excessif expose le locataire à des demandes de remboursement et fragilise sa relation avec le bailleur, au risque de voir le bail principal remis en cause.

Logements sociaux et locaux commerciaux
Certaines catégories de locations obéissent à des règles particulières. Dans le logement social, la sous-location est en principe interdite, sauf exceptions limitées prévues par les textes, par exemple pour accueillir certaines personnes âgées ou en situation de handicap, ou dans le cadre de dispositifs de cohabitation encadrés ; le locataire qui sous-loue un logement HLM en dehors de ces cas s'expose à la résiliation de son bail. Pour les baux commerciaux, le Code de commerce pose également un principe d'interdiction, sauf stipulation contraire du bail ou accord du bailleur, qui doit être appelé à concourir à l'acte de sous-location. Il existe enfin des formes de sous-location organisées, comme les associations ou organismes qui louent des logements pour les sous-louer à des personnes en difficulté, dans le cadre de l'intermédiation locative, ou les sociétés qui louent un bien avec l'accord explicite du propriétaire pour le sous-louer ensuite. Dans tous ces cas, la logique reste la même : la sous-location n'est légale que si le propriétaire l'autorise expressément, et le contrat doit prévoir clairement ce qui se passe à la fin du bail principal.
Sous-location sur les plateformes : quels risques pour le locataire ?
Proposer son appartement sur une plateforme de location de courte durée pendant ses vacances peut sembler anodin, mais sans l'accord écrit du propriétaire, il s'agit d'une sous-location illicite. Les conséquences peuvent être lourdes. Le bailleur peut demander la résiliation du bail pour manquement du locataire à ses obligations, et les tribunaux ont déjà condamné des locataires à reverser au propriétaire les sommes perçues : la Cour de cassation a jugé, en 2019, que les sous-loyers perçus sans autorisation devaient revenir au bailleur, en tant que fruits de la chose louée. À ces risques s'ajoutent ceux liés à l'assurance, puisque le contrat du locataire ne couvre pas forcément les dommages causés par des voyageurs de passage, et ceux liés à la réglementation locale : dans certaines communes, la location de meublés de tourisme est soumise à des déclarations ou des autorisations spécifiques, qui ne peuvent pas être obtenues par un simple locataire. Les plateformes elles-mêmes rappellent généralement aux hôtes qu'ils doivent disposer des autorisations nécessaires. Avant de mettre son logement en ligne, il est donc indispensable de demander l'accord de son propriétaire et de vérifier les règles applicables dans sa commune.
Quels avantages et quelles limites pour la sous-location ?
Pratiquée dans les règles, la sous-location présente de réels avantages. Pour le locataire principal, elle permet de conserver un logement auquel il tient, souvent dans une zone où il serait difficile d'en retrouver un équivalent, tout en évitant de payer deux loyers pendant une absence prolongée : stage, mutation temporaire, année d'études à l'étranger. Sous-louer une chambre peut aussi alléger la charge de loyer d'une personne seule dans un grand appartement. Pour le sous-locataire, la formule offre une grande souplesse : des durées plus courtes qu'un bail classique, un logement souvent meublé, une installation rapide, parfois dans des quartiers convoités où l'accès à la location traditionnelle est difficile. Le propriétaire y trouve lui aussi son compte lorsqu'il préfère garder un locataire fiable plutôt que de chercher un nouvel occupant. Ces atouts ont toutefois des limites : le locataire principal reste responsable de tout ce qui se passe dans le logement, y compris des impayés et des dégradations de son sous-locataire, et doit se montrer prudent dans le choix de la personne à qui il confie les lieux. Une relation de confiance et un contrat écrit soigné restent les meilleures garanties.
La situation fragile du sous-locataire
Le sous-locataire est la partie la plus exposée de l'opération. Il ne bénéficie pas des protections du locataire en titre : il n'a pas de lien direct avec le propriétaire, ne peut pas revendiquer le maintien dans les lieux si le bail principal prend fin et risque de devoir partir rapidement si la sous-location se révèle irrégulière. Avant de s'engager, il a donc intérêt à demander à voir l'accord écrit du propriétaire et la copie du bail principal, comme la loi l'impose au locataire, à vérifier que le sous-loyer demandé n'excède pas le loyer payé par le locataire au mètre carré, et à signer un contrat précisant la durée, le prix et les conditions de départ. Il est également prudent de faire un état des lieux contradictoire, de conserver les preuves de paiement et de clarifier la question de l'assurance : selon les cas, le locataire principal étend sa propre couverture ou le sous-locataire souscrit un contrat pour ses biens et sa responsabilité. Les conditions de l'assurance habitation doivent être examinées par les deux parties avant l'entrée dans les lieux, car un dégât des eaux ou un incendie survenu pendant une sous-location non déclarée peut donner lieu à de longues discussions sur la prise en charge des dommages.