Google. Un nom qui, en l’espace de quelques années, est devenu l’un des plus reconnaissables à travers le globe. Mais qu’est-ce que Google, exactement ? Pour beaucoup, c’est une simple boîte de recherche, mais en réalité, l’empire Google englobe bien plus. Dans cet article, nous allons explorer la définition de Google et son évolution au fil du temps.

Google : Les débuts

En 1996, l’univers de l’internet allait assister à la naissance d’un phénomène qui, au fil des années, allait s’imposer comme le géant de la recherche en ligne. C’est dans les couloirs animés de l’Université de Stanford, au cœur de la Silicon Valley, que Larry Page et Sergey Brin, deux étudiants en doctorat, ont uni leurs forces pour donner vie à un projet ambitieux.

Inspirés par le défi de rendre la masse d’information croissante sur le web plus accessible et organisée, ils ont entamé des recherches approfondies. Plutôt que de suivre la voie traditionnelle où les moteurs de recherche de l’époque évaluaient la pertinence d’un site web principalement en fonction de la fréquence d’apparition d’un terme spécifique, Page et Brin envisageaient quelque chose de plus sophistiqué. Ils voulaient concevoir un système capable de déterminer l’importance et la pertinence d’une page web basée sur les liens qui pointaient vers elle. L’idée était que si une page est largement citée par d’autres, elle devait sûrement avoir une valeur ajoutée.

Le fruit de leur travail a été un algorithme révolutionnaire qu’ils ont nommé « PageRank ». Cet algorithme utilisait la structure même du web, en examinant les liens entrants d’une page, pour évaluer son importance relative par rapport aux autres pages. PageRank était unique car il ne se contentait pas de compter les liens, mais évaluait également la qualité et la pertinence de ces liens. Ainsi, un lien provenant d’une page considérée comme « importante » avait plus de poids que plusieurs liens provenant de pages moins pertinentes.

L’approche de Page et Brin était très innovante en faits, et le succès de leur moteur de recherche a été fulgurant. Au-delà de PageRank, leur détermination à créer une expérience utilisateur simplifiée, avec une page d’accueil épurée, a également contribué à distinguer Google de ses concurrents.

Une simple boîte de recherche

Lorsque l’on remonte aux origines de Google, on est frappé par la simplicité de son interface. En effet, contrairement à d’autres plateformes de l’époque qui étaient encombrées d’annonces, d’articles et de diverses autres fonctionnalités, Google se présentait comme une simple page blanche ornée d’un logo coloré et d’une barre de recherche. C’était là tout le charme et la force de Google : une interface dépouillée mettant l’utilisateur directement en face de ce qu’il était venu chercher.

L’utilisateur n’avait qu’à saisir ses mots-clés, et en un éclair, Google parcourait son vaste index pour lui proposer une liste de sites web jugés pertinents par rapport à sa requête. Cette simplicité apparente cachait une technologie de recherche avancée, dont le cœur était l’algorithme de PageRank mentionné précédemment.

La magie résidait dans le fait que, malgré la simplicité de l’interface, les résultats fournis étaient d’une précision étonnante. Cette efficacité, combinée à une vitesse de recherche impressionnante, a été l’un des facteurs clés qui ont permis à Google de se démarquer de ses rivaux.

À cette époque, des noms tels qu’AltaVista, Yahoo! et Lycos dominaient le paysage des moteurs de recherche. Chacun avait ses propres forces et ses caractéristiques distinctes. Cependant, là où ces plateformes tentaient d’offrir une multitude de services et d’informations sur leurs pages d’accueil, Google a opté pour la sobriété et la concentration sur la recherche.

Cette décision stratégique a largement payé. En peu de temps, Google est devenu le point de référence pour la recherche en ligne, reléguant ses concurrents au second plan. Ce choix d’une interface minimaliste, associé à une technologie puissante, a jeté les bases de ce que Google est devenu aujourd’hui : un titan de la technologie, bien au-delà de la simple recherche sur le web qu’essaient de travailler toute bonne agence de référencement.

android de Google

Le système d’exploitation Android de Google

Le PageRank expliqué

Le PageRank est un nom qui, même si vous ne l’avez jamais entendu, a très probablement influencé votre expérience en ligne, en particulier lors de vos recherches sur Google. Voyons ensemble ce que c’est et comment cela fonctionne.

Les origines pour mieux comprendre

Le PageRank est né des esprits inventifs de Larry Page et Sergey Brin, cofondateurs de Google, lorsqu’ils étaient étudiants à l’Université de Stanford. Le nom « PageRank » est un jeu de mots, faisant référence à Larry Page et au concept de « ranking » (classement) des pages.

Le concept de base

Imaginez le web comme un immense réseau social où chaque site web est une personne. Certaines personnes sont plus populaires et influentes que d’autres. Dans le monde du web, cette influence est souvent déterminée par le nombre et la qualité des liens entrants vers un site web.

Comment cela fonctionne ?

De manière simple, voici le fonctionnement du PageRank à ses origines :

  • Liens entrants et sortants : Si un site web A a un lien vers un site web B, on peut dire que le site A « vote » ou « recommande » le site B ;
  • La qualité plutôt que la quantité : Tous les votes ne sont pas égaux. Un vote provenant d’une page de haute qualité compte plus qu’un vote provenant d’une page de faible qualité ;
  • Répartition du PageRank : La page A distribuera son propre PageRank entre tous ses liens sortants. Si elle a de nombreux liens, son vote sera dilué. Si elle n’a qu’un seul lien, ce dernier recevra tout le PageRank.

La formule du PageRank

La formule de base du PageRank (qui évolue énormément en fonction de filtres) est généralement représentée comme suit :

PR(A)=(1−d)+d(PR(T1)/C(T1)+…+PR(Tn)/C(Tn))PR(A)=(1−d)+d(PR(T1)/C(T1)+…+PR(Tn)/C(Tn))

Où :

  • PR(A)PR(A) est le PageRank de la page A  ;
  • dd est un facteur d’amortissement, généralement fixé à 0,85 ;
  • PR(T1)PR(T1) est le PageRank de la page T1 ;
  • C(T1)C(T1) est le nombre de liens sortants sur la page T1 ;
  • … représente le fait que cela doit être répété pour chaque page T qui lie à la page A.

Les explications que l’on peut donner du PR

  • Facteur d’amortissement (d) : C’est une manière pour l’algorithme de prendre en compte l’infinité du web. Sans ce facteur, le PageRank total du web serait infini. C’est un moyen de garantir que le PageRank converge vers une valeur stable ;
  • Liens entrants : La somme PR(T1)/C(T1)+…+PR(Tn)/C(Tn)PR(T1)/C(T1)+…+PR(Tn)/C(Tn) prend en compte le PageRank de chaque page qui lie à la page A et le divise par le nombre de liens sortants de cette page. Si une page de haute autorité lie à A mais a des milliers de liens sortants, son vote pour A sera dilué.

Quelques réflexions importantes

  • Itération : Au départ, chaque page est attribuée à un PageRank initial (souvent égal pour toutes). Ensuite, le système utilise la formule de manière itérative sur chaque page jusqu’à ce que les valeurs de PageRank se stabilisent sur le web. Cela peut nécessiter de nombreuses itérations ;
  • PageRank N’est Pas Tout : Bien que la formule du PageRank détermine l’importance relative d’une page par rapport aux autres, elle n’est qu’une composante parmi des centaines d’autres dans l’algorithme de Google ;
  • Prévention du spam : Le facteur d’amortissement, ainsi que d’autres mécanismes, empêchent les tactiques de spam, où des sites pourraient, par exemple, créer de nombreux liens vers eux-mêmes pour gonfler artificiellement leur PageRank.

Don’t be Evil : Le slogan de Google (en réponse au spam notamment)

L’expansion de Google à travers les temps du Web

Au tournant du millénaire, après avoir établi une hégémonie incontestée dans le domaine de la recherche sur le web, Google a lancé un ambitieux projet d’expansion, cherchant à diversifier ses services et à entrer dans presque tous les aspects de notre vie numérique.

  1. AdWords (maintenant connu sous le nom Google Ads) : Introduit en 2000, AdWords a transformé la publicité en ligne en offrant aux entreprises la possibilité de cibler spécifiquement leurs annonces basées sur les mots-clés que les utilisateurs saisissent dans le moteur de recherche Google. Au lieu de simplement acheter de l’espace publicitaire, les annonceurs pouvaient désormais enchérir sur des mots-clés pertinents (voir notre sujet sur le SEA), garantissant que leurs annonces soient vues par un public pertinent et intéressé. Avec son modèle de paiement au clic et des outils analytiques profonds, AdWords a donné aux entreprises, grandes et petites, un moyen puissant et mesurable de toucher leurs clients potentiels en ligne ;
  2. AdSense : Introduit en 2003, AdSense a révolutionné la publicité en ligne en permettant aux propriétaires de sites web de générer des revenus en affichant des annonces pertinentes pour leur contenu. Plutôt que de simplement placer des publicités aléatoires, AdSense analyse le contenu des pages pour afficher des annonces ciblées, améliorant ainsi l’expérience utilisateur tout en augmentant les taux de clics pour les annonceurs. Cette plateforme est rapidement devenue le pilier de la monétisation pour de nombreux créateurs de contenu en ligne, consolidant ainsi la position dominante de Google dans le domaine de la publicité numérique ;
  3. Gmail : Lancé en 2004, Gmail a révolutionné le monde de la messagerie électronique. Offrant initialement un espace de stockage impressionnant d’1 Go (une quantité considérée comme extravagante à l’époque), Gmail s’est démarqué par sa recherche intégrée, ses filtres anti-spam performants et une interface utilisateur intuitive. Aujourd’hui, Gmail est l’une des plateformes de messagerie les plus utilisées au monde ;
  4. Google Maps : Une innovation majeure dans la cartographie numérique, Google Maps, lancé en 2005, n’a pas seulement fourni des cartes interactives ; il a également intégré des images satellites, des vues à 360° grâce à Street View, et plus tard, des capacités de navigation. Cette plateforme est devenue essentielle pour la planification des trajets, les voyages et l’exploration de lieux inconnus ;
  5. Google Drive : Introduit en 2012, Google Drive a offert une solution de stockage cloud combinée à des outils de productivité comme Google Docs, Sheets et Slides. Ces outils, accessibles gratuitement, ont facilité la collaboration en temps réel entre les utilisateurs, changeant la manière dont nous travaillons et partageons les informations ;
  6. YouTube : Bien que YouTube n’ait pas été un produit original de Google, son acquisition en 2006 pour 1,65 milliard de dollars a été un tournant stratégique. La plateforme, qui permet aux utilisateurs de télécharger, de visionner et de partager des vidéos, est rapidement devenue le site de diffusion vidéo le plus populaire au monde, influençant la culture, l’éducation et même la politique à l’échelle mondiale ;
  7. Chrome : Lancé en 2008, Chrome s’est rapidement imposé comme le navigateur web prédominant, utilisé par des milliards d’utilisateurs pour parcourir le web depuis leurs ordinateurs, tablettes et smartphones. Avec sa nature open source et sa capacité à s’intégrer profondément avec d’autres services Google, Chrome a offert une expérience de navigation rapide, sécurisée et hautement personnalisable. Sa flexibilité a également permis aux développeurs du monde entier de créer une multitude d’extensions, renforçant ainsi sa position en tant que leader sur le marché des navigateurs ;
  8. Android : Introduit en 2008, Android est devenu le système d’exploitation mobile dominant, alimentant des milliards d’appareils, des smartphones aux tablettes en passant par les téléviseurs et les montres intelligentes. Open source et hautement personnalisable, Android a permis à une multitude de fabricants de se lancer sur le marché mobile.

Et la liste ne s’arrête pas là. Avec des initiatives dans la recherche vocale (on se souvient de « Ok Google« ), la réalité augmentée, l’intelligence artificielle, les technologies de santé et même les voitures autonomes, Google continue d’élargir son empreinte, cherchant toujours à innover et à remodeler notre futur numérique.

Sur Google et l’IA avec BARD

L’évolution rapide de l’intelligence artificielle a amené deux géants technologiques de l’informatique à se livrer à une course acharnée pour le titre du meilleur chatbot conversationnel. En réponse à l’innovation révolutionnaire d’OpenAI, Google a ainsi révélé son propre prodige : Bard.

  • Contexte historique : Tout a commencé lorsque OpenAI a dévoilé ChatGPT à la fin de l’année 2022. Le monde a été témoin de l’ascension fulgurante de ce chatbot, qui a rapidement gagné une popularité virale. Cette introduction a sonné une alarme chez Google, avec Sundar Pichai déclarant un état d’urgence interne. Ce niveau d’alarme a même conduit à des interventions des cofondateurs, Larry Page et Sergey Brin, pour élaborer une réponse stratégique ;
  • Le défi de la réputation : Malgré la pression montante, Google a dû naviguer prudemment. Avec une empreinte mondiale massive, la société était consciente des implications d’une incursion précipitée dans l’IA conversationnelle, craignant un « risque de réputation ». Néanmoins, sous la houlette de Demis Hassabis, la société a redoublé d’efforts pour développer son propre concurrent de ChatGPT ;
  • Naissance de Bard : En février 2023, après de nombreuses réunions stratégiques et des tests intensifs, Google a finalement levé le voile sur Bard, propulsé par leur modèle de langage, LaMDA. Initialement mis à disposition d’un groupe restreint, Bard était prévu pour une diffusion plus large à la fin du mois ;
  • Réception du marché : Bard a été présenté avec grand bruit, notamment à travers une vidéo promotionnelle. Cependant, une erreur dans la réponse concernant le télescope James Webb a suscité des inquiétudes quant à la fiabilité du chatbot. Cette gaffe a entraîné une réaction défavorable du marché, avec une baisse significative du cours de l’action de Google ;
  • Le jeu des alliances : Dans une tournure intrigante, Microsoft a annoncé son partenariat avec OpenAI peu après la révélation de Bard, intégrant ChatGPT à son moteur de recherche Bing. Cet investissement stratégique rappelle l’importance croissante de l’IA conversationnelle dans le paysage technologique.

Au cœur de cette saga technologique se trouve la quête continue d’innovation et de suprématie. Bien que Bard ait connu des débuts houleux, il représente un pas de plus vers la réalisation d’assistants virtuels toujours plus performants et sophistiqués.

Bard est souvent considéré comme une réponse de Google à Open AI et Bing (Cependant, le projet de modèle de langage est déjà ancien)

Alphabet : L’architecte derrière l’empire Google

En plein cœur de la décennie 2010, face à une croissance exponentielle et à l’émergence de nouvelles frontières technologiques, Google a ressenti le besoin de redéfinir son identité et sa structure organisationnelle. C’est ainsi qu’en 2015, est née Alphabet.

Une renaissance stratégique

Confronté à l’immensité de ses aspirations et à la diversité croissante de ses projets, Google a senti le besoin impératif d’innover au niveau organisationnel. C’est dans cette optique qu’Alphabet a été imaginé, marquant une transformation profonde et audacieuse de l’architecture de l’entreprise. Avec cette métamorphose, Google n’était plus simplement identifié comme le titan des moteurs de recherche. Il est devenu l’un des nombreux joyaux d’un empire technologique diversifié, où chaque entité, sous l’égide d’Alphabet, reflète un pan spécifique de l’innovation et de la vision du futur.

Le rôle d’Alphabet

S’établissant en tant qu’entité dominante, Alphabet a brillamment équilibré son rôle de gardien central tout en donnant à ses branches autonomes l’espace nécessaire pour évoluer et créer. Loin d’être une simple réorganisation administrative, cette démarche incarnait une vision profonde : stimuler la diversité des projets et catalyser l’innovation à travers divers secteurs, qu’ils soient technologiques ou scientifiques. Ce pivot stratégique n’était pas seulement un changement de nom, mais une affirmation de la volonté d’Alphabet de modeler l’avenir en embrassant une multitude de terrains d’exploration.

Les joyaux de la couronne

Si Google reste le phare le plus reconnu d’Alphabet, d’autres initiatives brillantes comme Waymo et Verily sont sorties de l’ombre pour révolutionner leurs domaines respectifs. Waymo, avec sa quête incessante d’autonomie dans le secteur automobile, et Verily, engagée dans des recherches avant-gardistes pour repousser les frontières des sciences de la vie, incarnent la diversité et la profondeur de l’écosystème d’Alphabet. Bien que ces entités opèrent dans des sphères différentes, elles sont toutes animées par un esprit d’innovation et de quête d’excellence, une signature indélébile d’Alphabet.

L’avantage d’une indépendance accrue

La refonte structurelle adoptée par Alphabet a offert à ses différentes branches un souffle d’indépendance remarquable. Cette autonomie nouvellement acquise leur a non seulement permis de plonger profondément dans leurs domaines d’expertise, mais aussi d’avoir la latitude nécessaire pour façonner leurs propres trajectoires. Malgré cette liberté opérationnelle, elles restent étroitement connectées aux vastes ressources et à la perspective éclairée d’Alphabet, bénéficiant ainsi du soutien et de l’orientation d’un titan technologique tout en gardant leurs individualités distinctes.

En définitive et pour conclure ce sujet très large, l’introduction d’Alphabet a témoigné de la vision prospective de Google et de son désir d’étendre son influence bien au-delà du simple moteur de recherche. Dans cet empire technologique en constante expansion, chaque filiale joue sa partition, contribuant à l’harmonie globale de l’innovation et du progrès.

D.A.