Le cacatoès est un perroquet d'Océanie immédiatement reconnaissable à sa huppe érectile, une crête de plumes qu'il dresse ou rabat selon son humeur. Blanc à huppe jaune, rose et gris, noir aux joues rouges ou saumon délicat, il compte une vingtaine d'espèces réparties en Australie, en Nouvelle-Guinée, en Indonésie, aux Philippines et dans les îles voisines, des forêts tropicales humides jusqu'aux savanes sèches et aux parcs des grandes villes australiennes. Très sociable, bruyant, joueur et doté d'une intelligence remarquable, il fascine depuis des siècles les naturalistes comme les amateurs d'oiseaux, au point d'avoir été l'un des perroquets les plus recherchés des cours européennes. Cette popularité a un revers : le cacatoès vit très longtemps, réclame une attention quotidienne et supporte mal la solitude, ce qui fait de son adoption un engagement sur plusieurs décennies. Plusieurs espèces sauvages sont par ailleurs menacées par la destruction de leur habitat et le commerce illégal. Cette définition présente la famille des cacatoès, leur anatomie, leurs principales espèces, leur mode de vie et leur reproduction, l'origine de leur nom et les précautions à connaître avant d'en accueillir un à la maison.
Qu'est-ce qu'un cacatoès ? Définition de l'oiseau
Un cacatoès est un oiseau de l'ordre des Psittaciformes, celui des perroquets, appartenant à la famille des Cacatuidae. Cette famille se distingue des autres perroquets par plusieurs caractères : une huppe mobile, un plumage aux couleurs peu variées, dominé par le blanc, le rose, le gris ou le noir, et l'absence de la structure particulière des plumes qui donne aux aras et aux perruches leurs teintes vertes et bleues éclatantes. Les spécialistes reconnaissent une vingtaine d'espèces, de taille très variable : la plus petite est la calopsitte, oiseau de compagnie très répandu que l'on oublie souvent de ranger parmi les cacatoès, tandis que les plus grandes, comme le cacatoès des palmes, approchent ou dépassent soixante centimètres. Les cacatoès sombres forment un groupe à part, dont fait partie le cacatoès noir, aux plumes d'ébène et aux joues nues capables de rougir. Tous partagent un bec puissant et recourbé, des pattes à deux doigts dirigés vers l'avant et deux vers l'arrière, et un caractère grégaire qui les pousse à vivre en couples ou en bandes parfois très nombreuses en dehors de la saison de reproduction.
Une huppe qui parle pour lui
La huppe est la véritable carte d'identité du cacatoès. Formée de longues plumes implantées sur le sommet du crâne, elle peut rester couchée vers l'arrière, se soulever légèrement ou se déployer en éventail en une fraction de seconde. Ce mouvement joue un rôle essentiel dans la communication : un cacatoès détendu garde généralement la huppe abaissée, alors qu'une huppe dressée signale la surprise, l'excitation, la curiosité, une parade amoureuse ou une alarme face à un danger. Chez certaines espèces, comme le cacatoès de Leadbeater, la crête déployée révèle des bandes rouges et jaunes cachées au repos, ce qui renforce l'effet visuel. Les propriétaires apprennent vite à lire ces signaux, complétés par la position du corps, l'ébouriffement des plumes et la dilatation des pupilles. Autre particularité, de nombreux cacatoès, surtout les espèces blanches, produisent une poudre fine issue de plumes spécialisées, qui imperméabilise et entretient le plumage. Cette poussière blanche se dépose sur les mains et les meubles, et peut provoquer des réactions chez les personnes allergiques, un détail pratique à ne pas négliger avant d'adopter l'oiseau. Son absence ou sa raréfaction peut d'ailleurs alerter un vétérinaire sur un problème de santé.
D'où vient le mot cacatoès ? Origine du nom
Le mot cacatoès vient du malais kakatua, nom donné à ces oiseaux dans l'archipel indonésien, d'où les navigateurs et marchands européens les ont rapportés à partir du XVIIe siècle. Le terme serait passé par le néerlandais kaketoe, à l'époque où les Hollandais dominaient le commerce des épices dans la région, avant d'entrer en français sous des graphies variables. On explique souvent kakatua par la décomposition kakak tua, « grande sœur » ou « sœur aînée », une étymologie charmante qui évoquerait le caractère sociable et protecteur de l'oiseau ; il est toutefois tout aussi probable que le nom imite simplement son cri rauque et répété, comme c'est le cas pour de nombreux noms d'oiseaux. Le nom scientifique de la famille, Cacatuidae, et celui du genre principal, Cacatua, dérivent directement de ce mot malais. On rencontre en français la variante cacatois, qui désigne aussi, en marine, une petite voile haute des grands voiliers. Les noms des espèces décrivent le plus souvent l'apparence de l'oiseau, comme la couleur de la huppe, ou rendent hommage à un naturaliste, à l'image du cacatoès de Leadbeater, du nom d'un marchand naturaliste britannique.
Quelles sont les principales espèces de cacatoès ?
Les vingt et une espèces de cacatoès se répartissent en plusieurs genres, que l'on peut regrouper en trois ensembles. Les cacatoès blancs du genre Cacatua, comme le cacatoès à huppe jaune, le cacatoès des Moluques ou le corella, sont les plus connus du grand public et les plus fréquents en captivité. Les cacatoès sombres, noirs ou gris foncé, rassemblent le grand cacatoès des palmes, célèbre pour ses joues nues, et plusieurs espèces australiennes à queue rouge ou jaune. Un troisième ensemble réunit des espèces aux couleurs plus originales, comme le cacatoès rosalbin, ou galah, au ventre rose et au dos gris, très commun en Australie, le cacatoès de Leadbeater, rose pâle à huppe rouge et jaune, et la calopsitte, petite et élancée, avec ses joues orangées. Leur taille va d'une trentaine de centimètres à près de soixante, et leur répartition est très inégale : certaines espèces comptent des populations abondantes, au point d'être considérées comme nuisibles par les agriculteurs, tandis que d'autres, limitées à quelques îles indonésiennes ou philippines, sont classées en danger critique. Le tableau suivant présente quelques espèces représentatives, avec des tailles indicatives.
| Espèce | Taille indicative | Signe distinctif | Répartition |
|---|---|---|---|
| Cacatoès à huppe jaune (Cacatua galerita) | 45 à 50 cm | Blanc, huppe jaune soufre | Australie, Nouvelle-Guinée |
| Cacatoès des Moluques (Cacatua moluccensis) | Environ 50 cm | Plumage rosé, huppe saumon | Îles du sud des Moluques |
| Cacatoès rosalbin (Eolophus roseicapilla) | Environ 35 cm | Ventre rose, dos gris | Presque toute l'Australie |
| Cacatoès de Leadbeater (Lophochroa leadbeateri) | 35 à 40 cm | Huppe rouge et jaune | Intérieur aride de l'Australie |
| Cacatoès des palmes (Probosciger aterrimus) | 55 à 60 cm | Noir, joues nues rouges | Nouvelle-Guinée, nord de l'Australie |
| Calopsitte (Nymphicus hollandicus) | Environ 30 cm | Joues orange, longue queue | Intérieur de l'Australie |
Comment vit le cacatoès dans la nature ?
À l'état sauvage, le cacatoès mène une vie très sociale. En dehors de la période de nidification, la plupart des espèces se rassemblent en groupes qui peuvent compter quelques dizaines, voire plusieurs centaines d'individus chez les espèces australiennes les plus communes. Ces bandes partent chaque matin vers les zones d'alimentation, souvent dans un concert de cris assourdissants, puis regagnent le soir leurs dortoirs, de grands arbres où elles passent la nuit. Les cacatoès sont surtout granivores : ils consomment des graines, des noix, des fruits, des baies, des bourgeons, des racines et des bulbes qu'ils déterrent avec leur bec, complétés à l'occasion par des larves d'insectes logées dans le bois. Leur bec est un outil remarquable, assez puissant pour ouvrir des coques très dures et assez précis pour décortiquer une petite graine. Pendant que le groupe se nourrit au sol, quelques individus perchés font souvent le guet et donnent l'alerte au moindre danger. Certaines espèces se sont parfaitement adaptées aux villes australiennes, où elles fréquentent jardins, terrains de sport et même poubelles, tandis que d'autres restent liées à des forêts anciennes riches en grands arbres creux.
Une intelligence hors du commun
Le cacatoès figure parmi les oiseaux les plus intelligents étudiés par les scientifiques. En laboratoire, le cacatoès de Goffin s'est montré capable de fabriquer et d'utiliser des outils, par exemple en taillant un morceau de bois pour attraper une friandise hors de portée, ou de résoudre des serrures à plusieurs mécanismes successifs. Dans la nature, le cacatoès des palmes façonne un morceau de bois ou une gousse pour tambouriner contre un tronc creux lors de ses parades, un comportement rarissime dans le monde animal. En Australie, des chercheurs ont observé des cacatoès à huppe jaune apprendre à soulever le couvercle des poubelles pour y fouiller, technique qui s'est diffusée d'un quartier à l'autre par imitation, à la manière d'une véritable tradition culturelle. Certains individus captifs reproduisent des mots ou des bruits du quotidien, même si leur talent d'imitation reste en général moins développé que celui d'autres perroquets. Plusieurs cacatoès sont même devenus célèbres pour leur capacité à danser en rythme sur de la musique, ce qui a intéressé les chercheurs travaillant sur la perception du tempo chez les animaux. Cette vivacité d'esprit a une conséquence directe : un cacatoès qui s'ennuie devient vite malheureux.
Reproduction et longévité
Les cacatoès forment des couples généralement stables, souvent pour plusieurs saisons et parfois pour la vie. La reproduction, déclenchée selon les régions par la saison des pluies et l'abondance de nourriture qu'elle annonce, a lieu dans une cavité d'arbre, plus rarement dans une anfractuosité de falaise. La femelle pond en général un à trois œufs, couvés selon les espèces pendant trois à quatre semaines environ, souvent par les deux parents. Les jeunes naissent nus et aveugles, et restent au nid pendant de longues semaines, nourris par régurgitation d'une bouillie de graines partiellement digérées. Après leur envol, ils demeurent encore un moment avec leurs parents pour apprendre à trouver leur nourriture. La maturité sexuelle est tardive, souvent vers plusieurs années, et le taux de reproduction faible, ce qui rend les espèces rares très vulnérables à la capture des oisillons et à l'abattage des vieux arbres à cavités. En contrepartie, les cacatoès vivent très longtemps : plusieurs décennies pour les grandes espèces, et certains individus captifs ont dépassé soixante ans. Cette longévité exceptionnelle signifie qu'un oiseau adopté peut survivre à son propriétaire, un point à anticiper.
Peut-on adopter un cacatoès ? Le cacatoès et l'homme
Les relations entre l'homme et le cacatoès sont anciennes. Des cacatoès offerts en présents diplomatiques circulaient déjà en Asie au Moyen Âge, et l'un d'eux figure dans un traité de fauconnerie de l'empereur Frédéric II au XIIIe siècle, signe que ces oiseaux atteignaient l'Europe bien avant les grandes expéditions. À partir du XVIIe siècle, ils deviennent des animaux de cour très prisés, peints par les artistes et exhibés dans les ménageries princières. Aujourd'hui encore, ils sont populaires comme oiseaux de compagnie, mais les vétérinaires et associations rappellent qu'ils comptent parmi les perroquets les plus exigeants. Un cacatoès a besoin d'une grande volière, de plusieurs heures de sortie et d'interaction par jour, de jouets à détruire, de branches à ronger et d'une alimentation variée à base de graines de qualité, de fruits, de légumes et de graines germées, en limitant les aliments gras ou sucrés. Privé de stimulation, il peut crier de façon excessive, s'arracher les plumes ou se mutiler. Le commerce des espèces menacées est strictement encadré par la convention de Washington (CITES), et l'achat doit se faire auprès d'éleveurs déclarés, avec les documents d'origine exigés par la réglementation.
Le cacatoès, protégé ici, nuisible là
Le statut du cacatoès varie énormément selon les espèces et les régions. En Australie, les cacatoès rosalbins, les corellas et les cacatoès à huppe jaune sont si nombreux qu'ils causent des dégâts dans les cultures de céréales, les vergers, et même les bâtiments, dont ils rongent les boiseries et les câbles ; des mesures de régulation y sont parfois autorisées. À l'inverse, le cacatoès des Philippines et le cacatoès soufré des petites îles indonésiennes sont classés en danger critique à cause de la déforestation et du braconnage des oisillons pour le commerce des animaux de compagnie, et plusieurs cacatoès noirs du sud-ouest australien souffrent de la disparition des grands eucalyptus nécessaires à leur nidification. Des programmes de conservation associent protection des forêts, pose de nichoirs artificiels, lutte contre le trafic et sensibilisation des populations locales. Pour qui rêve de partager sa vie avec un perroquet intelligent, il est donc important de bien s'informer sur les besoins de chaque espèce, et de comparer le cacatoès avec d'autres psittacidés réputés pour leurs capacités, comme le perroquet gris du Gabon, champion de l'imitation vocale, tout aussi exigeant et attachant.