La perruche ondulée est un petit perroquet originaire d’Australie, devenu en moins de deux siècles l’un des oiseaux de compagnie les plus répandus au monde. À l’état sauvage, elle parcourt en bandes parfois immenses les plaines arides de l’intérieur du continent, vêtue d’un plumage vert et jaune barré de fines ondulations noires qui lui a donné son nom. En captivité, l’élevage a fait apparaître une multitude de couleurs, du bleu ciel au blanc pur en passant par le jaune, le gris ou le violet, si bien que beaucoup de propriétaires ignorent à quoi ressemble l’oiseau d’origine. Vive, sociable et bavarde, la perruche ondulée est capable d’imiter des sons et même des mots, et elle a besoin de la compagnie de ses semblables pour s’épanouir. Sa petite taille et son caractère attachant ne doivent pas faire oublier qu’il s’agit d’un animal exigeant, qui vit souvent une dizaine d’années et réclame de l’espace, du vol et une alimentation variée. Cette définition présente son identité, l’histoire de sa découverte, sa vie dans la nature, l’origine de ses couleurs, les règles de base pour bien l’accueillir et ses étonnantes capacités vocales.
Qu’est-ce qu’une perruche ondulée ? Définition de Melopsittacus undulatus
La perruche ondulée, Melopsittacus undulatus, est un oiseau de l’ordre des Psittaciformes, celui des perroquets, des aras et des cacatoès, dont fait partie par exemple le cacatoès, bien plus grand et doté d’une huppe. Longtemps classée parmi les Psittacidés, elle est aujourd’hui rattachée par de nombreux ornithologues à la famille des Psittaculidés, qui regroupe beaucoup de perruches d’Asie et d’Océanie. C’est la seule espèce de son genre. L’oiseau sauvage mesure environ dix-huit centimètres de la tête au bout de sa longue queue effilée et ne pèse que quelques dizaines de grammes ; les perruches d’exposition, sélectionnées pour leur grosse tête et leur plumage abondant, sont nettement plus grandes. Son plumage naturel associe un corps vert vif, un masque et un front jaunes, une tache violette sur chaque joue, une rangée de points noirs sur la gorge et des ailes et une nuque barrées d’ondulations noires sur fond jaune. Son bec crochu, puissant pour sa taille, lui sert à décortiquer les graines et à grimper. Comme tous les perroquets, elle possède des pattes à deux doigts dirigés vers l’avant et deux vers l’arrière, qui lui permettent d’agripper solidement les branches et sa nourriture.
Mâle ou femelle : la couleur de la cire
Distinguer le mâle de la femelle chez la perruche ondulée est assez facile chez l’adulte, grâce à la cire, cette zone de peau nue située à la base du bec, au-dessus des narines. Chez le mâle adulte de plumage classique, elle est le plus souvent bleue, parfois violacée, tandis que chez la femelle adulte, elle est beige, blanchâtre ou brune, et devient brun foncé et un peu granuleuse en période de reproduction. Chez les jeunes, la différence est moins nette : la cire est souvent rosée ou bleu pâle chez les mâles, et claire avec un cerne blanchâtre autour des narines chez les femelles. Certaines mutations de couleur, comme les oiseaux lutinos ou albinos, compliquent le diagnostic, car le mâle conserve alors une cire rosée toute sa vie. Les jeunes se reconnaissent aussi à leur front barré d’ondulations jusqu’à la cire, à leurs yeux entièrement noirs, sans l’iris clair qui apparaît vers quelques mois, et à leurs points de gorge plus petits. Le tableau ci-dessous résume les principales caractéristiques de l’espèce, avec des valeurs indicatives qui varient selon l’origine des oiseaux, sauvages ou issus de lignées d’élevage sélectionnées pour les concours.
| Caractéristique | Perruche ondulée |
|---|---|
| Nom scientifique | Melopsittacus undulatus |
| Origine | Intérieur semi-aride de l’Australie |
| Taille | Environ 18 cm queue comprise à l’état sauvage, davantage chez certaines lignées d’exposition |
| Poids | Une trentaine à une quarantaine de grammes |
| Alimentation | Graines de graminées, verdure, fruits en petite quantité |
| Ponte | 4 à 6 œufs le plus souvent, couvés environ 18 jours |
| Longévité | Souvent 5 à 10 ans en captivité, parfois davantage |
D’où vient la perruche ondulée ? Origine et découverte
La perruche ondulée est connue depuis toujours des peuples aborigènes d’Australie, et son nom anglais, budgerigar, est d’ailleurs emprunté à l’une de leurs langues. Pour la science européenne, elle a été décrite au tout début du XIXe siècle par le naturaliste anglais George Shaw, à partir de spécimens rapportés de la jeune colonie britannique. Son nom scientifique est parlant : Melopsittacus associe le grec melos, « chant », au mot désignant le perroquet, et undulatus signifie « ondulé », en référence aux motifs de son plumage. Il faut attendre les années 1840 pour que des oiseaux vivants soient rapportés en Angleterre, notamment par l’ornithologue John Gould, qui contribua à faire connaître la faune australienne en Europe. Le succès est immédiat : l’oiseau se reproduit facilement en volière, et l’élevage se développe rapidement en Grande-Bretagne, en Belgique, en France et en Allemagne, au point que des importations massives d’oiseaux sauvages ont lieu durant la seconde moitié du XIXe siècle, avant que l’Australie n’interdise l’exportation de sa faune. Depuis, toutes les perruches ondulées de compagnie descendent d’oiseaux élevés en captivité.
Comment vit la perruche ondulée dans la nature ?
Dans son milieu naturel, la perruche ondulée occupe une grande partie de l’intérieur de l’Australie, des savanes arbustives aux prairies sèches et aux zones semi-désertiques, en évitant généralement les côtes les plus humides. C’est un oiseau nomade qui ne possède pas de territoire fixe : les bandes se déplacent au gré des pluies, qui conditionnent la pousse des graminées dont elles se nourrissent, et peuvent réunir des centaines, voire des milliers d’individus après une saison humide favorable. Elle se nourrit principalement au sol, de graines d’herbes et de plantes basses, et doit boire régulièrement, ce qui la lie aux points d’eau, souvent rares dans ces régions. La reproduction suit également la disponibilité de la nourriture : les couples nichent dans des cavités d’arbres, souvent dans des eucalyptus bordant les cours d’eau, sans apporter de matériaux, et la femelle pond directement sur le bois. Le plumage vert et jaune offre un bon camouflage dans l’herbe, face à des prédateurs comme les faucons. En période de sécheresse prolongée, les populations peuvent subir de lourdes pertes, mais leur capacité à se reproduire rapidement permet à l’espèce, abondante et non menacée, de se rétablir dès le retour des pluies.
Pourquoi existe-t-il des perruches ondulées de toutes les couleurs ?
La palette de la perruche ondulée d’élevage s’explique par la manière dont les plumes produisent leur couleur. Le vert sauvage ne vient pas d’un pigment vert : il résulte de la superposition d’un pigment jaune, propre aux perroquets, et d’une couleur bleue dite structurelle, produite par la façon dont la microstructure de la plume diffuse la lumière, sur un fond de mélanine sombre. Dès le XIXe siècle, des éleveurs ont remarqué des oiseaux porteurs de mutations, qu’ils ont fixées par sélection. Lorsque le pigment jaune disparaît, il ne reste que le bleu : c’est l’origine des perruches bleues, puis blanches lorsque d’autres mutations s’y ajoutent. Si c’est la mélanine qui manque, on obtient des oiseaux entièrement jaunes aux yeux rouges, les lutinos, ou entièrement blancs, les albinos. D’autres mutations modifient l’intensité des couleurs, la forme des ondulations ou leur répartition, comme les opalines, les panachées ou les variétés grises et violettes. Les clubs d’éleveurs ont établi des standards précis pour juger ces oiseaux en concours. Ces mutations n’ont généralement pas d’effet sur le caractère de l’oiseau, mais certaines lignées très sélectionnées peuvent être plus fragiles que leurs cousines sauvages.
Comment bien s’occuper d’une perruche ondulée ?
Accueillir une perruche ondulée suppose de respecter ses besoins d’oiseau social et actif. Elle doit vivre dans une cage ou une volière aussi spacieuse que possible, plus longue que haute pour permettre de courts vols, équipée de perchoirs naturels de diamètres variés, de jouets à déchiqueter et d’une baignoire. Une sortie quotidienne en vol libre dans une pièce sécurisée, fenêtres fermées et sans autres animaux, lui est très bénéfique. Surtout, la perruche ondulée est un oiseau grégaire : la vie en solitaire, même avec un maître très présent, est source d’ennui et de troubles du comportement, comme l’arrachage des plumes ou les cris excessifs, et il est préférable de l’accueillir au moins en couple ou en petit groupe. Elle a besoin de lumière naturelle, de nuits calmes et d’un environnement sans courants d’air ni fumées de cuisson, car ses voies respiratoires sont très sensibles, notamment aux vapeurs dégagées par certains revêtements antiadhésifs surchauffés. Une hygiène régulière de la cage, de l’eau fraîche changée chaque jour et une surveillance attentive de son comportement permettent de détecter rapidement les signes de maladie, qu’un oiseau a tendance à dissimuler jusqu’au dernier moment.
L’alimentation et la reproduction en captivité
La base de l’alimentation de la perruche ondulée est un mélange de graines adapté, à base de millets et d’alpiste, mais un régime composé uniquement de graines est trop gras et pauvre en vitamines. Il doit être complété par de la verdure et des légumes frais, comme la carotte râpée, le brocoli, les épinards ou les feuilles de pissenlit, par des fruits en petite quantité, et éventuellement par des granulés complets. Une source de calcium, comme un os de seiche ou un bloc minéral, est indispensable, en particulier pour les femelles. Certains aliments sont en revanche toxiques pour les perroquets, comme l’avocat, le chocolat ou les boissons contenant de la caféine. Sur le plan de la reproduction, la perruche ondulée est très prolifique lorsqu’on lui fournit un nichoir : la femelle pond en général de quatre à six œufs, à un jour d’intervalle environ, qu’elle couve seule pendant environ dix-huit jours pendant que le mâle la nourrit. Les jeunes quittent le nid vers un mois et deviennent indépendants quelques semaines plus tard. Faire reproduire ses oiseaux n’est pas anodin : il faut limiter le nombre de couvées par an pour préserver la santé de la femelle et prévoir l’accueil des jeunes.
La perruche ondulée peut-elle parler ? Chant et imitation
La perruche ondulée est un oiseau très vocal : les membres d’une bande communiquent par un gazouillis presque continu, des cris de contact et des appels d’alarme, et chaque individu ajuste ses vocalisations à celles de ses compagnons. Cette aptitude à l’apprentissage vocal, rare dans le monde animal, explique qu’elle soit capable d’imiter des sons de son environnement, sonneries, sifflements ou paroles humaines. Les mâles, plus bavards, sont généralement plus doués que les femelles, et certains individus élevés seuls au contact de leurs maîtres apprennent un vocabulaire étonnamment étendu, prononcé d’une petite voix rapide et nasillarde. Les scientifiques s’intéressent d’ailleurs à la perruche ondulée comme modèle pour comprendre l’apprentissage vocal, étudié aussi chez l’humain et chez certains oiseaux chanteurs. Il ne faut pas pour autant isoler un oiseau dans l’espoir de le faire parler, car son bien-être passe avant tout par la compagnie de ses congénères. Pour les amateurs de perroquets qui associent les mots à leur sens de manière plus poussée, la référence reste un oiseau bien plus grand venu d’Afrique, le perroquet gris du Gabon, réputé pour ses capacités cognitives exceptionnelles mais aussi pour ses besoins encore plus exigeants.