Le syrphe, de son petit nom latin Episyrphus Balteatus, est un insecte volant de la famille des syrphidaes et de l’ordre des diptères. Il ressemble à une guêpe mais est reconnaissable par rapport à son corps beaucoup plus fin et à son vol stationnaire, ainsi qu’a sa rapidité de déplacement. Un insecte de 8 à 12 mm, totalement inoffensif, et l’ami par excellence du jardinier. En effet, le syrphe est utilisé comme agent de lutte biologique. La lutte biologique passe par l’utilisation d’organismes vivants utilisés en horticulture, agriculture, sylviculture pour limiter les effets des bioagresseurs sur les cultures (exemple : réintroduire des coccinelles dans des parcelles de l’agriculture pour manger les pucerons et éviter l’utilisation d’insecticide néfaste pour la biodiversité mais aussi pour l’humain). Vous pouvez en apprendre davantage au niveau des pesticides et de leur réglementation en lisant notre sujet sur le Certiphyto. Il peut s’agir de macro ou micro-organismes, prédateurs parasites…qui affaiblissent ou tuent les bioagresseurs. L’expérience de la lutte biologique montre qu’il a été souvent nécessaires d’introduire des ennemis naturels de ravageurs eux-mêmes introduits involontairement dans les cultures. Les agents de lutte biologique sont appelés des auxiliaires de l’agriculture.

Quand la reproduction a t-elle lieu ?

La femelle pond des œufs en fin d’hiver et pose ses larves à côté ou dans une colonie même de pucerons. Celle-ci servira de nourriture aux futures larves. Certaines espèces de syrphes peuvent pondre plus de 1000 œufs durant leur vie. Au bout de quelques jours, les œufs se transforment en larve et mesurent entre 10 et 20 mm de long. Celle-ci ressemble à un asticot d’une couleur blanche pouvant aller jusqu’au verdâtre. A ce stade, les larves consomment énormément de pucerons pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines mais aussi des cochenilles et des aleurodes. Il existe des familles de syrphes qui ne mangent que des matières organiques en décomposition, ou d’autres insectes invasifs. Au bout de huit à quinze jours, la larve se transforme en nymphe et se retrouve fixée à l’envers d’une feuille et il faudra plusieurs semaines avant qu’elle ne devienne adulte. La durée de vie d’un syrphe adulte est d’environ 3 ans

La reproduction des syrphes

La reproduction des syrphes

Quel est l’intérêt d’avoir des syrphes dans son jardin ?

Le syrphe est utilisé dans la lutte biologique. En effet, celui-ci tout comme les abeilles (n’hésitez pas au passage  à lire notre article sur le Varoa Destructor qui explique la destruction des essaims d’abeille), coccinelles et les bourdons, pour n’en citer que quelques-uns, est un insecte pollinisateur c’est-à-dire qu’il transporte du pollen de fleurs en fleurs afin de féconder les plantes, arbres fruitiers… La pollinisation sert à avoir davantage de fleurs, à avoir des fruits sur les arbres. C’est une étape préalable à la fécondation dans le cycle de vie des plantes. De plus, les larves de syrphes peuvent manger plus de 300 pucerons en une nuit et quand elles sont adultes, en plus, de polliniser les plantes, certaines espèces de syrphes mangent la matière organique qui devient du compost.

Quel est l’intérêt de sauvegarder cette espèce ?

Comme nous l’avons constaté précédemment, le syrphe à énormément de qualités en plus d’être inoffensif pour l’être humain. Voici quelques astuces pour accueillir le syrphe dans son jardin et le garder :

·         Supprimer les produits chimiques du jardin comme les insecticides, pesticides afin d’installer un équilibre biologique persistant et accueillant pour les syrphes et autres alliés du jardin. Privilégier les remèdes naturels.

·         Semer des fleurs sauvages en toute saison, y laisser se développer les plantes. Les syrphes adultes y trouveront leur nourriture (au printemps, des pâquerettes, boutons d’or… en été, des pissenlits, coquelicots, œillets d’inde, lavande, phacélie, de la menthe, de l’achillée, de la carotte sauvage, du millefeuille ou cosmos et en automne de la chicorée, des tournesol qui feront le bonheur du syrphe mais aussi des oiseaux qui viendront manger les graines et insectes invasifs, un bon moyen de rétablir la chaîne alimentaire et pour le plaisir des yeux.

•    Retarder la tonde de la pelouse afin de laisser fleurir les adventices dont les syrphes raffolent : bouton d’or, pâquerette, pissenlits, coquelicots…

•    Proposer des abris naturels (pour l’hiver) pour les syrphes comme par exemple des tiges, des tas de feuilles, des cavités d’arbre, d’écorces, de tas de bois ou de vieux murs recouverts de lierre, ou de vigne vierge. Laisser des cavités naturelles ou en créer de nouvelles.

•    Construire ou acheter un hôtel à insectes avec de la paille, du carton ondulé, des tronçons de bambous, des feuilles mortes…

Hôtel à insecte

hôtel à insectes

•    Une dernière astuce pour la route, est d’ôter les fleurs fanées : des buddléias, valérianes, anthémis et autres plantes vivaces afin de relancer les plants pour une seconde floraison.

A.H.